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Face à la « barbarie culturelle »

Face à la « barbarie culturelle »
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Pour Irina Bokova, Directrice générale de l’Unesco, « le saccage du Musée de Mossoul, en Irak, témoigne d’un niveau de barbarie culturelle rarement atteint » (Le Monde du 3 mars 2015). La notion de « barbarie culturelle » frise l’oxymore : en principe, les termes « barbarie » et « culture » sont antinomiques. Il n’est qu’à voir le contraste saisissant entre les hordes barbares des premiers siècles et la grandeur culturelle et civilisationnelle de l’Empire romain, lequel devint la proie, puis la victime, de la barbarie.

Cependant, quoique battue militairement et politiquement, Rome finira par triompher de manière posthume de la barbarie, précisément par l’attrait que la civilisation finira par exercer sur les Huns, Visigoths, Ostrogoths et autres Goths. Voici que nos barbares devinrent, à leur tour, ferments de civilisation.

Dans cette histoire, la culture a joué un rôle majeur, particulièrement celui d’adoucir les moeurs rudes de ces virils combattants chevelus, balafrés et édentés.

On ne mue cependant pas en un jour de violeur-pilleur en amoureux des belles lettres. La culture manifeste un processus d’irrigation et de transformation progressive des moeurs et des mentalités. Or, le jour où la culture devient une « guerre », la « barbarie culturelle » quitte son statut d’oxymore pour devenir une réalité destructrice où, en effet, le plus fort l’emporte.

Nos sociétés occidentales ne trouveraient-elles pas ici l’occasion de faire leur propre examen de conscience ? Ne sont-elles pas traversées elles-mêmes par une « guerre culturelle » multiforme dont l’enjeu est l’hégémonie définitive d’une vision du monde dominée par le matérialisme, l’argent et la technique ? A cet égard, quel attrait notre culture occidentale est-elle encore capable d’exercer à travers le vaste monde ?

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