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Françoise Nyssen : « Garantir à tous une vie culturelle de proximité »

Françoise Nyssen : « Garantir à tous une vie culturelle de proximité »
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ENTRETIEN Françoise Nyssen, la ministre de la culture a fait de la fracture culturelle entre les territoires l’un de ses combats majeurs. Forte de son expérience à Arles, elle souhaite que l’État « invente » et développe l’offre culturelle avec les acteurs locaux.

[Écho de la presse]

Comment regardez-vous le succès de votre maison d’édition Actes Sud à Arles ? Quels enseignements en tirez-vous quant au déploiement de la culture en région ?

Françoise Nyssen : Je n’aime pas le terme de succès, tant les choses ne me paraissent jamais acquises. Chaque projet a sa propre expérience à vivre, mais, si on prend l’exemple d’Arles au début des années 1980, nous avions affaire à un territoire en déshérence économique, avec des grandes entreprises qui étaient parties, un atelier SNCF à l’abandon…

Éditrice, j’avais le désir de créer une librairie depuis longtemps et ma rencontre avec Jean-Paul Capitani a permis qu’il se réalise. Personne n’y croyait. Il n’y avait plus de salle de concert, pas de cinéma d’art et d’essai, seulement deux salles commerciales… À propos de la culture, le discours était toujours le même : « Ça ne marchera pas, ce n’est pas possible. » Pourtant, quand on n’écoute pas les discours de l’impossible, on peut y arriver. Petit à petit, on a créé une librairie, un cinéma, une salle de concert. À partir de là, tout s’est amplifié : les gens venaient, en redemandaient, disaient qu’ils ne peuvent plus s’en passer… L’enseignement que je peux tirer de notre aventure, c’est qu’il y a un désir de culture évident.

Vous avez alerté sur l’existence de « zones blanches culturelles » en région. L’État et les collectivités locales ont-ils failli à leur mission ?

F. N. : J’ai beaucoup circulé en région au cours des six premiers mois qui ont suivi ma prise de fonction. J’ai pu constater le maillage absolument extraordinaire de culture sur le territoire. Pourtant, quand on regarde la répartition de la dépense culturelle par personne, l’État dépense 139 € par habitant à Paris et en Île-de-France, et 15 € par habitant pour le reste du pays. Bien sûr, la capitale concentre les grands établissements culturels nationaux, mais 86 bassins de vie disposent de moins d’un équipement culturel public pour 10 000 habitants.

Pour ces « zones blanches », il y a tout un travail à faire. Le seul établissement accessible à moins de 20 minutes de chez soi est généralement une bibliothèque, mais on ne peut pas accepter qu’il faille faire des kilomètres pour aller au théâtre ou au cinéma. Il faut donc faire un travail de repérage car les initiatives d’acteurs culturels sur les territoires sont formidables. Notre rôle est d’être les garants, en partenariat avec les collectivités territoriales, d’une vie culturelle de proximité pour tous les Français.

Le tourisme repose beaucoup sur l’offre culturelle : le patrimoine, les festivals… Serait-il possible que le tourisme rende financièrement à la culture tout ce qu’il lui doit ?

F. N. : Culture et tourisme forment un écosystème. Le tourisme culturel vient directement servir l’économie locale. On considère qu’un euro investi pour le Festival d’Aix rapporte dix euros. Pour le Festival d’Avignon, c’est un pour six. Ailleurs, ce peut être un pour trois, mais le multiplicateur est toujours fortement présent…

Lire l’article complet d’Emmanuelle Giuliani et Élodie Maurot sur le site du journal la Croix.

 


 


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