Lancée sous version béta, Gaiar propose aux artistes de mettre leurs œuvres en ligne pour obtenir une rémunération de la part des internautes, sous la forme de dons ou avec un tarif minimum d’accès. La plate-forme récupère 15 % des gains engendrés.

Connecter directement le public avec des œuvres culturelles, tel est l’objectif de Gaiar. La plate-forme a été lancée sous sa forme béta en janvier 2019. « L’outil qui est en ligne est parfaitement opérationnel, commente Wilhelm Bérard, le CEO. Ce qui changera avec la première version du site, qui sera disponible d’ici quelques mois, ce sera surtout le design, qui sera plus stylisé. »

À ce jour, l’hébergeur culturel propose différents secteurs d’activité : l’audiovisuel, la musique, les arts littéraires et les arts visuels. Depuis peu a été ajoutée la possibilité de faire des directs, qu’il s’agisse de conférence, de théâtre ou encore de concert, une option qui a su trouver sa place en ces temps de pandémie et de fermeture des salles de spectacle. « Ce module de live-streaming permet de brancher une régie multicaméra à la plate-forme », détaille Wilhelm Bérard.

Système de don

L’outil s’adresse aux professionnels et le dépôt d’une œuvre sur le site permet d’obtenir un certificat de propriété intellectuelle. « Pour l’instant, ce dépôt coûte un euro toutes taxes comprises, poursuit le CEO. Ce sera revu à la hausse sur la version 1. »

Les œuvres sont ensuite accessibles selon différentes tarifications. « Nous n’avons pas de publicité, cela ne fait pas partir du modèle, précise Wilhelm Bérard. Les artistes peuvent choisir un prix libre. Les internautes auront accès à l’œuvre gratuitement et peuvent ensuite payer le prix qu’ils souhaitent. Il y a la possibilité de fixer un prix minimum qui permette d’accéder à l’œuvre. Vous payez par exemple deux euros et vous pouvez accéder à l’œuvre comme une VOD. Sur les live, il est aussi possible de faire des dons. Par exemple, le 29 novembre, il y a eu un concert des Lehmanns Brothers sur ce modèle. Six cents personnes ont assisté à la représentation en direct et le groupe a reçu trois cents euros au cours de la prestation. Les gens sont prêts à payer pour quelque chose qui se passe en live et qui les font vibrer. »

Gaiar permet aussi d’associer d’autres personnes morales ou physiques pour partager les gains comme un label de musique, un groupe ou encore une société de concert. « Tout se fait sur un contrat intelligent, un ‘‘smart contract’’ qui répartit de façon instantanée les paiements. Nous avons aussi une fonction qui permet de rémunérer des influenceurs selon un pourcentage déterminé par l’artiste. Il est aussi possible de relayer des contenus sur n’importe quel réseau social. Par exemple, l’artiste peut partager le ‘‘player’’ sur Facebook et le paiement peut être effectué sur le ‘‘wallet’’ Gaiar sur un autre onglet. »

Concerts-live

La plate-forme, quant à elle, récupère 15 % des gains pour assurer le fonctionnement. « Nous sommes transparents, les chiffres sont traçables, souligne le CEO. Les artistes qui utilisent le service doivent créer un compte en tant qu’indépendant ou société pour ouvrir un portefeuille. Il est possible de savoir de façon instantanée ce qu’il se passe sur les contenus. Une fois par mois, un récapitulatif de l’activité est envoyée. »

Les artistes doivent aussi payer pour la bande-passante utilisée. « Tout dépend de la qualité et de la durée de la vidéo, poursuit-il. Cela peut partir de cinq euros, mais un live en très haut débit et qui peut accueillir quatre mille utilisateurs coûte dans les deux cents euros. » Il est alors possible de vendre des billets pour permettre d’amortir ses frais. À terme, la plate-forme devrait aussi ouvrir des abonnements qui permettront de ne pas avoir à payer la bande-passante.

Wilhelm Bérard compte désormais mettre en place une série de concerts-live pour faire connaître Gaiar. « Nous réfléchissons à des groupes connus, indique-t-il. Mais pour l’instant nous ne pouvons pas donner de nom… »

Chloé GOUDENHOOFT

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En savoir plus : Gaiar

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Photographie à la Une : concert de Lehmanns Brothers sur Gaiar