Immortel Molière

Immortel Molière
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En ce début d’année, il y a un événement plein d’inattendu, d’inespéré, de fraîcheur, de nouveauté : les 400 ans de Molière ! Il décrypte à lui seul presque tous les événements de cette année à venir… Car c’est le propre des grands auteurs que de se livrer, des siècles plus tard, avec une hardiesse toujours neuve.

Éditorial paru dans Le Cahier Pro 11 de septembre-octobre 2021.

Pour cette nouvelle année, outre les vœux d’usage, les thématiques ne manquent pas : les prochaines élections présidentielles, les vagues successives de l’interminable pandémie et sa filandreuse cohorte des restrictions politiques… Un empilement de faits si puissamment prévisibles que nous en connaissons déjà, à peu de choses près, l’issue. Je n’en parlerai donc pas.

À la marge, il y a l’anniversaire de Molière, qui fête ses 400 ans en ce mois de janvier. Molière… Voilà de l’inattendu, de l’inespéré, de la fraîcheur, de la nouveauté ! C’est le propre des grands auteurs que de se livrer, des années, des siècles plus tard, avec une témérité, une hardiesse toujours neuve.

Comment Olivier Py peut-il dire, dans le magazine Lire (juillet-août 2021) que « Molière, c’est peu », qu’il est « un petit auteur du XVIIe siècle qui avait la faveur du roi », lui qui bénéficie par ailleurs des bienfaits de la puissance publique depuis plusieurs décennies ?

Les maîtres de la littérature ne nous appartiennent jamais : nous sommes les hôtes de leur langue. Nous visitons leurs mots et leurs personnages avec précaution, découvrant soudain comment Trissotin et Oronte contiennent tous les partisans de la novlangue et autre idéologie inclusive, comment Le Malade imaginaire résume la grande peur de notre néo-millénarisme, comment Tartuffe exprime toute la campagne électorale à venir (dont je ne parlerai toujours pas), comment Monsieur Jourdain envahit les réseaux sociaux…

Et il y a encore bien plus, qui nous échappe continuellement, car la langue des seigneurs de l’écriture est une demeure aux innombrables anfractuosités. Elle est notre patrimoine, c’est-à-dire notre trésor commun, présent, vivant.

Bonne année, tout de même, avec ce vœu que j’emprunte à Molière :

« Je veux qu’on soit sincère, et qu’en homme d’honneur,
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur
. »

Pierre GELIN-MONASTIER

Rédacteur en chef du Cahier Pro

 

Sommaire du Cahier Pro 13, janvier-février 2022
– Juridique / « Nouveau décret SMAD : quelles obligations d’investissement ? », par Frédéric Dieu
– Juridique / « Sécurité sociale des artistes auteurs : la composition du conseil d’administration », par Frédéric Dieu
– Portrait / « Samuel Merle : l’exploitation cinématographique dans le sang », par Pierre Gelin-Monastier
– Fiscal / « La fiscalité des artistes-auteurs », par Marc de Rievaulx
– Social / « La formation par alternance », par Julien Monnier
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Dessin de Caly paru dans le Cahier Pro n°13, janvier-février 2022

Dessin de Caly paru dans Le Cahier Pro n°13, janvier-février 2022



 

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