Dans son discours du 13 avril, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé qu’il n’y aura pas de festivals « avec un public nombreux […] au moins jusqu’au 15 juillet ». Cette simple phrase a signé l’annulation pure et simple du festival d’Avignon, dans un communiqué publié deux heures après l’intervention du chef de l’État.

Hier soir, le président de la République a pris le temps de s’exprimer sur la question des cinémas et des festivals de l’été, qui cristallisent nombre de tensions et de débats au sein du monde artistique : « Les lieux rassemblant du public, restaurants, cafés et hôtels, cinémas, théâtres, salles de spectacles et musées, resteront en revanche fermés à ce stade. Les grands festivals et événements avec un public nombreux ne pourront se tenir au moins jusqu’à mi-juillet prochain. La situation sera collectivement évaluée à partir de mi-mai, chaque semaine, pour adapter les choses et vous donner de la visibilité. »

« Au moins jusqu’à mi-juillet » – La formule ne laisse aucun doute : le festival d’Avignon n’aura pas lieu. Il n’a pas fallu deux heures pour que les organisateurs dudit festival publie leur communiqué. « Les conditions ne sont plus aujourd’hui réunies pour que se déroule la 74e édition qui devait se tenir du 3 au 23 juillet 2020, indique le communiqué. La direction du Festival d’Avignon soumettra un plan d’annulation à l’approbation du Conseil d’administration de l’Association de gestion du Festival d’Avignon le lundi 20 avril 2020. » Le festival devait se tenir du 3 au 23 juillet.

« Nous avons partagé l’espoir aussi longtemps que cela était permis, mais la situation impose un autre scénario. Notre devoir est désormais de préserver et d’inventer l’avenir du Festival d’Avignon. » Depuis sa création en 1947, le Festival n’a été annulé qu’une fois, en 2003, en plein conflit des intermittents.

Quant à l’association AF&C, qui coordonne le Off, silence radio à cette heure. Pas de communiqué, pas de décision. Il est pourtant peu probable que le Off d’Avignon se maintienne entre le 15 et le 30 juillet, d’une part parce qu’en l’absence du festival, le public risque d’être aux abonnés absents, d’autre part en raison de ce « au moins » qui laisse bien planer bien des incertitudes sur l’application réelle de ces annulations. Une incertitude que les artistes et compagnies, souvent précaires, ne peuvent évidemment pas se permettre.

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