Lazarus est la prochaine création de la compagnie Les chevaliers de l’industrie, composée d’anciens élèves de l’académie de l’Union à Limoges. Nous avons eu l’occasion d’en découvrir les premiers extraits lors de leur sortie de résidence à la Scène nationale d’Aubusson : l’inventivité et l’habilité de cette jeune compagnie à mélanger trois arts – magie, marionnette et théâtre – est à saluer et à suivre dans les prochaines années.

À l’occasion de sa sortie de résidence, programmée à la Scène nationale d’Aubusson pour les professionnels, la compagnie Les chevaliers de l’industrie a présenté deux extraits de leur future création, Lazarus : le début du spectacle ainsi qu’un tout nouveau tour « réalisé par la marionnette nommée Fosco » et créé pendant la résidence. La compagnie s’engage dans une transdisciplinarité qui conjugue trois arts, la magie, la marionnette et le théâtre ; le pari est tenu et très prometteur.

Dans cette création, Lazarus Bartabak entraîne les spectateurs dans un enchaînement de numéros de magie mais également d’éloquence, tels les bonimenteurs d’antan. Interprété avec talent par Antonin Dufeutrelle, ce personnage, aussi sombre que lumineux, raconte en filigrane l’histoire d’un magicien du XIXe siècle : Torrini. Ce dernier effectuait un numéro adapté du mythe de Guillaume Tell et demandait à un spectateur de tirer sur une pomme placée entre les dents de son fils. Un soir, l’enfant ne se relève pas. La compagnie désire naviguer sur la frontière entre le réel et l’illusion, comme ils l’affirment : « Le réel sait se montrer plus invraisemblable que l’illusion. »

La marionnette, imaginée par Estelle Delville, est l’une des grandes réussites de cette création. Ces yeux sont particulièrement hypnotisants, la rendant vivante et expressive, comme un personnage de cartoon aussi désopilant et dérangeant qu’attendrissant. Nommée Fosco, elle représente le petit frère du personnage principal et porte l’histoire de l’enfant victime de l’accident. Antonin Dufeutrelle l’anime avec finesse et dextérité ; il lui donne également sa voix par ventriloquie, provoquant un effet étonnant. Lors d’une scène durant laquelle Lazarus se bande les yeux, seule la marionnette semble être présente ; Fosco accomplit alors un numéro avec humour et interagit notamment avec une spectatrice pour deviner sa carte. La performance du marionnettiste est stupéfiante, disparaissant complètement à nos yeux. C’est pourtant bien lui, complètement à l’aveugle, qui tire les ficelles de ce numéro.

Ces premières trente minutes de spectacle nous laissent sur notre faim, tant le travail est précis et inventif. Lors de la discussion qui suivit cette présentation d’extraits, la compagnie a également dévoilé le prolongement de la création, avec quelques folles envies comme lâcher des chauves-souris dans la salle. Plusieurs résidences sont à venir en 2021, avant une création pour 2022. À suivre donc…

Vincent PAVAGEAU



Spectacle : Lazarus

Création prévue pour 2022
Durée prévue : 1h15
Public : à partir de 12 ans

Conception : Les Chevaliers d’Industrie
Écriture, magie & chorégraphie : Gabriel Allée
Dans le rôle de Lazarus Bartabak : Antonin Dufeutrelle
Invention de créatures & conseils : Estelle Delville
Création de la marionnette & conseils : Caroline Dubuisson
Fantaisies sonores & luminescentes : Jérôme Léger

Crédits photographiques : Les chevaliers de l’industrie

Prochaines étapes de création
– du 15 au 19 février : résidence au Magic Wip de La Villette à Paris
– du 29 mars au 10 avril : résidence CLEA à Toulon-sur-Arroux
– du 14 au 25 juin : résidence Au Jardin Parallèle à Reims