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Nicolas de Villiers : « Le bénévolat et l’intermittence se complètent »

Nicolas de Villiers : « Le bénévolat et l’intermittence se complètent »
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Entretien avec Nicolas de Villiers

Président du Puy du Fou

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Êtes-vous rassuré par la lettre reçue de l’Élysée ?

Nos craintes légitimes ont été entendues. Ce retrait des articles sur le bénévolat est une décision sage. Il est clair que le gouvernement voulait limiter et encadrer le bénévolat, c’était écrit noir sur blanc dans l’avant-projet de loi. Mais l’heure est à l’apaisement et non plus à la polémique.

Certains syndicats craignent que vous ne concurrenciez la pratique professionnelle…

Le monde du bénévolat et celui de l’intermittence ne s’opposent pas, mais se complètent. Si nous n’avions pas 3 600 bénévoles au Puy du Fou, nous ne pourrions salarier 1 600 personnes, dont 160 intermittents. Il y a un équilibre naturel entre ces deux volets de notre aventure artistique. Nous sommes liés de manière naturelle au monde de l’intermittence, Le bénévolat ne peut se passer du monde professionnel s’il veut développer une aventure artistique d’envergure. Nous soutenons le développement des métiers artistiques. Nous avons, par exemple, 600 jeunes en formation dans notre académie junior. Et beaucoup de bénévoles deviennent professionnels.

Le modèle économique du Puy du Fou était-il menacé par le projet gouvernemental ?

nicolas-devilliersC’était à craindre en effet. Si nous devions salarier demain tous nos artistes bénévoles, notre modèle économique ne tiendrait pas. Mais nous ne nous sommes pas battus unique-ment pour le Puy du Fou.

Je pense aussi à toutes ces associations et ces festivals qui font appel au bénévolat à travers la France entière et qui ont souvent les reins moins solides que nous. Nous avons reçu de nombreux soutiens et beaucoup d’associations ont écrit au ministère. Il n’y a aucune raison de mettre le bénévolat sous « bracelet électronique ». La liberté doit prévaloir, dans le respect de la législation.

Le Puy du Fou fait-il des excédents ? 

Nous faisons des excédents, sur lesquels nous payons 33 % d’impôt, mais notre objectif n’est pas lucratif. Nous réinvestissons tout dans nos spectacles. Il n’y a pas de logique capitalistique au Puy du Fou : Tout est orienté vers la pérennité et le développement d’une aventure artistique.

Certains évoquent la crainte du travail dissimulé…

C’est un argument qui était déjà dans l’air en 2008 quand Christine Albanel a voulu s’attaquer au bénévolat. Certains entretiennent l’idée de pratiques qu’il faudrait absolument encadrer. Pensent-ils que nous vivions dans un monde abstrait depuis 37 ans au Puy du Fou ? Il existe une législation et nous la respectons. L’inspection du travail passe régulièrement nous voir. Elle comprend très bien notre fonctionnement, elle fait clairement la part des choses entre la partie bénévole et la partie salariée. L’URSSAF nous contrôle également régulièrement. Nous n’avons jamais subi de redressement ni de requalification et nous n’avons eu aucun contentieux avec un bénévole.

Comment expliquez-vous le succès du bénévolat au Puy du Pou ?

C’est une aventure artistique qui s’épanouit dans une région très dynamique sur le plan associatif et culturel. Je pense que c’est un terreau favorable. Il y a probablement une part de mystère sur ce petit coin de France qu’est le bocage vendéen. Ici, il y a un état d’esprit commun : l’œuvre est plus grande que nous. Chacun respecte humblement la place où il peut être utile pour donner du bonheur aux gens.

Propos recueillis par Guillaume PLISTIN

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