Il se veut « le théâtre de tous les spectacles »… Le Colbert ouvrira ses portes au public le 9 décembre prochain avec un one-man show de l’humoriste Tano, après une inauguration municipale le 24 novembre. À Toulon, il n’existait pas encore de salle intermédiaire, entre le gigantesque Zénith et divers lieux plus modestes. C’est désormais chose faite avec ce lieu situé en plein cœur de la ville. Oui, le spectacle est toujours vivant !

Cette belle nouvelle fait suite à notre vaste enquête sur les nouveaux théâtres qui voient le jour aux quatre coins de la France. Le théâtre Colbert est né d’un projet familial initié il y a trois ans par Pascal Lelli, l’actuel directeur, sa mère et son frère. Hélène Fabre, la mère, danseuse et chorégraphe, avait créé une boîte de production pour vendre ses spectacles musicaux. Prenant conscience du manque de salles où produire ses spectacles, elle a décidé avec ses fils d’ouvrir un théâtre original. Et c’est un local commercial, vendant des articles de sport, qui leur a tapé dans l’œil. « En dépit de l’encombrement de la salle par des articles de sport, nous avons tout de suite vu le potentiel qu’elle avait pour y produire des spectacles », nous explique Pascal Lelli. Et pour cause. Cette salle avait été créée dans les années 70 par Albert Ferraud, ami d’Annie Cordy, de Johnny Hallyday ou encore de Charles Aznavour, pour y produire des spectacles. Albert Ferraud décédé, la salle fut louée comme local commercial. La famille Lelli-Fabre a donc voulu lui restituer sa fonction d’origine. « C’est une salle immense, dans laquelle on sent une véritable atmosphère », explique Pascal Lelli.

Un lieu de création et de vie sans aucune subvention publique

Le projet, lui, a été financé uniquement par des fonds privés. Il ne bénéficie d’aucune subvention municipale, départementale ou régionale, même si « nous avons bénéficié d’un soutien moral de la part de la municipalité de Toulon qui a fait montre d’un véritable enthousiasme pour l’ouverture de cette salle », insiste Pascal Lelli. La mairie les a notamment aiguillés pour qu’ils obtiennent l’assentiment de la commission de sécurité, ce qui n’est pas une mince affaire. Elle a mis à leur disposition des places de stationnement dans la rue, dans un quartier où il n’est pas facile de stationner. Ce qui a empêché l’allocation de subventions publiques, c’est le statut du théâtre, qui a une structure commerciale. « Notre structure non associative ne nous permettait pas de bénéficier de subventions », explique le directeur du Colbert, qui admet que, si cela a pu être difficile à accepter, ils en retirent une liberté totale. « D’une certaine manière, cela nous arrange de n’avoir pas de compte à rendre », affirme Pascal Lelli.

 

Ce que cette salle apportera comme nouveauté à la ville de Toulon, c’est une taille intermédiaire, permettant aux artistes qui ne peuvent pas remplir un Zénith mais qui ont trop de public pour se produire dans un bar ou un cabaret, de s’y donner en spectacle. « Une salle de 200 à 250 places, cela n’existait pas à Toulon », affirme Pascal Lelli. Et la salle n’accueillera pas seulement un ou deux spectacles par semaine, « nous avons une troupe d’artistes professionnels qui y travaillent », explique-t-il. « Nous y créons des spectacles qui sont proposés aux mairies. C’est donc à la fois un lieu pour nos spectacles et pour ceux des autres. Un lieu de création et de représentation. Un lieu ouvert et vivant. Le Conservatoire National de Toulon viendra y répéter. Mais aussi une troupe de danse orientale. C’est un lieu qui sera ouvert toute la journée ». Il fonctionnera aussi en partenariat avec des librairies comme la librairie Charlemagne, pour accueillir des événements et des signatures qui draineraient un large public.

Un stimulant pari sur l’avenir

Pascal Lelli se montre confiant dans l’avenir. « Nous avons fait de grosses études de marché et un budget prévisionnel précis », explique-t-il. « Nous allons beaucoup travailler en coréalisation pour diminuer les coûts. » Et d’ajouter que les théâtres voisins ont très bien accueilli la nouvelle de leur arrivée. « Cela crée une émulation et habitue les gens à sortir voir des spectacles. Nous sommes dans un quartier de théâtres, près du Théâtre Liberté, de l’opéra, du Zénith. Nous avons même bénéficié de conseils de la part de tous ces gens. »

Pour ce qui est de ramener du public, le jeune directeur estime que l’ouverture prochaine qui est annoncée depuis des semaines sur la façade du théâtre, dans une rue très passante, y fait déjà beaucoup. « L’information est passée, estime-t-il. La preuve en est que les productions nous font confiance. Nous attendons des artistes de grande notoriété qui n’auraient pas pris le risque de venir sans ça. » Beaucoup de flyers ont également été distribués à Toulon et la page Facebook du théâtre est très active. Pour le site internet, il faudra attendre le mois de janvier.

Matthieu de GUILLEBON

Théâtre Le Colbert – 34, rue Victor Clappier – 83 000 Toulon – 04 94 64 01 58

Quelques liens : FacebookTwitter – Billetterie en ligne.



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