Festival Invisible : la culture rock refait surface à Brest

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Sister Iodine, Cocaïne Piss, Choolers Division, A Certain Ratio, Gontard, Rouge-Gorge, ou encore Bacchantes, Babil Sabir, Will Guthrie et l’ensemble Nist-Nah seront au programme de la 16e édition du festival Invisible, qui aura lieu du mardi 16 au samedi 20 novembre 2021 dans la capitale du Finistère.

Ça va rocker à Brest ! Le festival Invisible est de retour dans la cité du Ponant avec une programmation éclectique, exigeante, inclassable. Alors que la pandémie n’en finit plus de sévir, qu’on débat sans fin autour de la quatrième vague et des nouveaux variants, les organisateurs de l’événement, eux, n’en ont cure.

« Non, nous n’allons pas parler de la crise sanitaire, ni de renaissance, ni de renouveau, ni de vague, non, non, et non, annonce d’emblée Arnaud Le Gouëfflec dans l’éditorial de cette nouvelle édition. Nous allons prendre le chemin du conte. » Ce chemin du conte, l’organisateur du festival le considère, dans l’entretien que lui et Maëlle Le Gouëfflec nous ont accordé, comme « un antidote aux discours de certitude », parce que sollicitant la raison, l’imaginaire et le monde des émotions.

Dédiée au journaliste et pilier de la vie culturelle brestoise Rémy Talec, mort le 11 novembre 2020 d’une crise cardiaque à 51 ans, cette édition se veut résolument festive, mêlant « espoir » et « énergie ».

Interview à deux voix mêlées des fondateurs du festival Invisible, Maëlle et Arnaud Le Gouëfflec.

Comment est né le festival Invisible et pourquoi un tel nom ?

Festival InvisibleLe Festival Invisible est né de notre envie de rencontrer des gens qu’on admirait, d’en découvrir d’autres qu’on ne connaissait pas, et de sortir d’un sentiment d’isolement. Tout au bout du Finistère, on ne voyait pas certains artistes et on s’est dit qu’on devait essayer d’y remédier. Notre culture était rock, et l’idée était de s’intéresser à ses marges, à l’underground, aux outsiders, aux francs-tireurs, sans cloisonner les genres, les sous-genres, etc. Ensuite, on a agi au culot, en contactant des artistes directement, en osant. La première édition a été un succès sur tous les plans… sauf financier ! C’était même un désastre ! On s’est dit qu’on n’avait pas d’autre choix que d’essayer de se refaire, et ça a fonctionné : on n’a jamais replongé. Ensuite, l’équipe s’est étoffée, et deux programmateurs, Vincent Le Guilloux et David Crenn, sont venus apporter du sang neuf, des idées, une culture très pointue. Et l’audience s’est progressivement développée, jusqu’à ces dernières éditions, qui ont toutes été complètes. On vient souvent au Festival pour un nom, un groupe, et on découvre les autres. La claque ne vient pas toujours de là où on l’attend. La surprise et la curiosité sont l’ADN du Festival. Le nom du Festival est un clin d’œil à cette culture « invisible », très éloignée des sentiers battus, et s’inspire librement des paroles de Tom Waits dans le morceau Underground : “They’re alive, they’re awake, while the rest of the world is asleep.”

Quel sont les soutiens et le budget de l’événement ?

Le Festival Invisible est soutenu par la ville de Brest, le département du Finistère, la région Bretagne, l’ADAMI, la SACEM et la SPEDIDAM. Il est aussi coproduit par de nombreux partenaires, ce qui est un fait plutôt original, lié à une culture de partenariat très brestoise. Parmi les principaux, il y a La Carène, salle des musiques actuelles de Brest, Le Quartz, scène nationale de Brest, Passerelle – centre d’art contemporain et Plages Magnétiques. Le budget du projet est de 55 000 euros, hors frais de fonctionnement de l’association qui le produit et valorisations des apports en nature des coproducteurs.

En ces temps de pandémie mondiale, vous faites le choix de ne pas en parler pour privilégier ce que vous appelez « le chemin du conte ». Qu’est-ce que le conte a à nous dire encore aujourd’hui ?

L’essentiel. Le conte est une petite machine à donner du sens à ce qui n’en a pas forcément, ou dont le sens tarde à se dégager. Donc dans cette période de crise, notamment de crise du sens, rien de mieux que le conte. C’est un antidote aux discours de certitude, qui fait appel à la raison, mais aussi à l’imaginaire et au monde des émotions. S’il était un discours, le Festival ne serait pas un texte théorique, un tract ou un programme, mais un conte, avec une pluralité de sens, d’interprétations. Chacun y trouve ce qu’il veut.

Concrètement, quels seront les temps forts de cette programmation 2021 ?

Il y aura de la noise légendaire avec Sister Iodine ou Cocaïne Piss, du hip-hop dévastateur avec Choolers Division, du funk froid et chaud avec A Certain Ratio, de la chanson non-euclidienne avec Gontard ou Rouge-Gorge, et des orchestres étranges et beaux comme les jeunes femmes hors du temps de Bacchantes, Babil Sabir, qui pratique un rock expérimental influencé par la musique birmane, ou le gamelan de Will Guthrie et l’ensemble Nist-Nah, entre autres aventurières et aventuriers sonores ou plastiques.

Après une année et demie pour le moins difficile, qu’espérez-vous susciter ?

De l’espoir, et surtout de l’énergie.

Propos recueillis par Laurie AMONT

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En savoir plus : festival Invisible

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Photographie à la Une : concert de Vincent Malassis à la Passerelle, festival Invisible 2019
Crédits photographiques : Mélanie Le Goff



 

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