Après bien des vicissitudes, le compositeur suédois Hugo Alfvén compose enfin sa 4e symphonie, inspirée d’une histoire d’amour faite de désir et d’attraction, mais non sans obscurité. Une œuvre sensuelle qu’on a parfois qualifiée de « sinfonia erotica »… au risque de l’exagération. Elle fête aujourd’hui son 102e anniversaire.

Ce 4 novembre 1919, Hugo Alfvén (1872-1960), l’autre grand compositeur suédois – avec Berwald et Atterberg – crée sa quatrième symphonie à l’Académie de Stockholm, devant un public d’invités (la création publique aura lieu plus tard).

Il l’a sous-titrée « Från Havsbandet » (ce qui doit signifier apparemment : « Aux confins de l’archipel »), car il a commencé à y penser plus de dix ans auparavant, alors qu’il se trouvait dans une île au large des côtes suédoises et qu’il en visitait d’autres en bateau. Il mettra pourtant beaucoup de temps à la reprendre puis à l’achever. Après bien des vicissitudes, il la compose en quatre mois jour pour jour, entre novembre 1918 et mars 1919, et la dédie à sa fille de quatorze ans.

Les quatre mouvements sont attachés les uns aux autres et ils ont tous un programme. Le fil rouge, c’est une histoire d’amour. Alfvén convoque donc deux voix, un ténor et une soprano, qui expriment (y compris sans parole), attraction et désir, jusqu’à se trouver et se laisser aller au bonheur extatique. Mais dans le dernier mouvement, les voix ont disparu. L’atmosphère s’assombrit et devient parfois brutale. Est-ce déjà la fin ?

La symphonie n’est pas très bien reçue. Les critiques raillent ce programme qui se voudrait sensuel, au point de la surnommer « Sinfonia erotica », ce qui pourra vous sembler un peu excessif.

J’ai choisi le dernier mouvement, très contrasté et dans une interprétation certes peu confortable, mais qui a la particularité d’être celle de Alfvén lui-même, qui a enregistré sa symphonie.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »



 

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