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Le profil type d’un spectateur de théâtre

Le profil type d’un spectateur de théâtre
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19 % de la population indique se rendre au théâtre une fois par an. Comment reconnaître ces visiteurs ? Existe-t-il un profil type ?

Impact du digital sur le public de théâtre (1/7)


Aude Chabrier a achevé en 2018 une thèse professionnelle, dirigée par Elena Borin (Burgundy School of Business), sur le thème : « L’impact du digital sur le public de théâtre ». Elle propose une synthèse de ses recherches dans une série de sept articles publiés dans Profession Spectacle.


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En France, selon Laurent Babbé, dans son étude Les publics du théâtre, environ 19 % de la population indique se rendre au théâtre une fois par an. Comment reconnaître ces visiteurs ? Dans un monde en perpétuel mouvement et nouvelles innovations, comment définir ces consommateurs ?

Un public à plusieurs vitesses …

Aller au théâtre n’a pas la même symbolique dans l’imaginaire de chacun. Avant d’élaborer un profil de spectateur, il faut étudier leur fréquentation. Il est possible d’en distinguer trois types : le spectateur régulier, allant au théâtre plus de trois fois par an, le spectateur exceptionnel, s’y rendant entre une à deux fois par an, et enfin le non spectateur n’y allant pas du tout. Ces niveaux de fréquentation peuvent être directement liés à des facteurs communs, tels que l’âge, le genre ou encore le niveau de vie. Étudier ces différents facteurs peut permettre de déceler des profils types de spectateurs et ainsi comprendre les mécanismes de comportement de ces publics.

La typologie des spectateurs de théâtre n’a pas évolué depuis les vingt dernières années. De fait, nous avons le recul suffisant pour relever des critères communs entre spectateurs. Des études et statistiques du ministère de la Culture ont permis de mettre en évidence certains facteurs justifiant de la participation ou non à ces manifestations.

Le premier facteur sur lequel nous pouvons nous attarder est celui de l’âge du spectateur. Contrairement à l’imaginaire collectif, il n’existe pas d’« effet générationnel » sur la fréquentation des théâtres. Des personnes de tous âges assistent à des pièces et dans des proportions pas autant déséquilibrées que l’on pourrait le supposer. En effet, hormis un fort taux de visiteurs âgés de quinze à vingt ans, sans surprise gonflé par les sorties scolaires, les taux de fréquentation par tranches d’âges restent globalement stables dans le temps.

Ensuite, on pourrait s’attarder sur le genre. Toutefois, à l’instar de l’âge, celui-ci n’est pas réel et aucun schéma type ne peut être dégagé.

…  avec un profil type ?

Si l’âge et le genre sont deux critères ne permettant pas de dresser une typologie spécifique du spectateur de théâtre, il en existe deux autres plus pertinents.

Le premier, loin d’être le plus résilient, est le secteur géographique, et plus précisément la taille de ce secteur. En effet, une corrélation entre lieu d’habitation et fréquentation des théâtres peut s’établir. Et sans surprise, l’homme citadin ira plus certainement dans les théâtres que l’homme rural. Plusieurs éléments expliquent sans doute cela, notamment une offre de spectacle plus faible ou plus ponctuelle.

Mais si la taille de l’agglomération d’habitation joue un rôle important, le facteur le plus résilient reste le niveau d’éducation et par extension le niveau de vie. Ce dernier influe directement sur les habitudes des spectateurs et non spectateurs. De nombreux articles penchent en ce sens, notamment celui de Wallon qui affirme que le théâtre ne peut « nier la persistance des facteurs discriminants dans l’accès aux salles, au premier rang desquels s’inscrit le niveau du diplôme ». Cette affirmation se retrouve également dans des études statistiques. Sur un échantillon de cent trente-deux personnes interrogées, seulement 27,3 % sont employés ou exercent une profession intermédiaire, les 72,7 % restants étant des étudiants, des managers, des ingénieurs ou des retraités.

L’imaginaire collectif du théâtre comme représentation de la « culture cultivé »« cultivé » signifiant ici davantage un niveau de vie qu’une réelle culture et donc n’impliquant aucunement une hiérarchie des arts – reste donc bien vivace et pertinente aujourd’hui. De plus, si on remarque des variations du pourcentage de personnes « cultivées » dans l’assistance des théâtres, il n’est pas possible d’en déduire que cela est dû à une augmentation du nombre de spectateurs venant de zones plus populaires. En effet, l’explication de ce phénomène se trouve plutôt dans la multiplicité des offres culturelles à laquelle les personnes issues de couches plus élitistes sont confrontées : streaming, danse, cirque, musique… Le spectateur « cultivé » délaisse alors le théâtre au profit d’autres pratiques culturelles. Pari déçu pour ceux qui espéraient le développement d’un théâtre plus inclusif…

En conclusion, il est possible de dégager un profil type de spectateur : un homme ou une femme de n’importe quel âge, vivant principalement dans une agglomération de taille conséquente, diplômé et avec un niveau de vie confortable. Une autre question se pose toutefois, quelles sont les motivations de ce public pour se rendre au théâtre ?

 Aude CHABRIER

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En partenariat avec la Burgundy School of Business de Dijon.

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