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L’équilibre chez le danseur : actions de prévention

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Les pathologies liées à l’instabilité.

Les pathologies sont très fréquentes chez les danseurs. Ainsi, 97% des danseurs classiques, 82% des danseurs contemporains et 100% des danseurs de hip-hop sont un jour confrontés à la blessure au cours de leurs carrières. Les 3 causes principales sont l’exigence des mouvements chorégraphiés, les caractéristiques du danseur (souplesse, force, antécédents, âge, …) et les facteurs externes (costumes, chaussures, climat, …). Il est à noter que 34 à 57% sont des pathologies simplement liées à des compensations. Dans cette situation, le danseur a eu un trouble initial (ex: une lésion de la peau ou une entorse), ce qui génère un évitement du mouvement gênant ou douloureux et donc des perturbations de l’organisation du mouvement. Dès lors, certaines parties du corps sont sur-utilisées pour tout de même garantir le travail chorégraphique, ce qui peut générer l’apparition de nouvelles pathologies, telles que les tendinites, les entorses et les douleurs au dos. Ces stratégies de compensation, si elles ne sont pas  travaillées persistent dans le temps malgré la disparition complète de la blessure initiale.

L’organisation de la posture et du mouvement

La posture (situation dite «statique ») est la position d’un ou plusieurs segments à un moment donné, alors que le mouvement (situation dite «dynamique») est une transition entre 2 postures. L’équilibre est garantit grâce aux ajustements posturaux qui sont des stratégies correctives pour stabiliser le corps et éviter la chute. Soit les ajustements apparaissent après le mouvement, cas d’un mouvement peu connu ou d’une déstabilisation externe, soit ils apparaissent avant le mouvement pour anticiper le déséquilibre. Cette dernière stratégie est plus efficace, mais, elle nécessite que le mouvement soit connu et optimal. Donc, le danseur expert est capable d’utiliser des ajustements posturaux anticipés bien adaptés aux mouvements, alors que le novice a recourt principalement aux ajustements posturaux réactionnels. Cette situation moins favorable est présente lors de tout apprentissage d’un nouveau mouvement.

Les particularités de l’équilibre chez les danseurs 

Les danseurs ont un équilibre plus performant que des sujets non danseurs, mais, ils utilisent de manière exacerbée la vision pour se stabiliser, sans aucune différence de performance entre la jambe droite et gauche. La pirouette chez le danseur amateur est peu optimale car la rotation de la tête est trop lente, la poussée initiale du mouvement est coûteuse en énergie et l’axe du corps n’est pas bien stabilisé. En revanche, lors de l’équilibre sur un pied (exemple de l’arabesque), seule la stabilité du bassin n’est pas optimale. Une étude récente qui a comparé l’équilibre de danseurs anciennement atteints d’entorses de la cheville par rapport à des danseurs sans antécédents a montré une instabilité persistante, plus de 3 ans après le traumatisme dans les première et cinquième positions ainsi que lors du maintien sur une jambe. L’histoire de l’artiste est donc déterminante dans les stratégies d’équilibre et du mouvement. A cela s’ajoutent les facteurs extrinsèques pouvant perturber l’équilibre telles que l’environnement sonore, lumineux, le type de sol et les vêtements.

 Le travail de l’équilibre comme outil préventif

Les exercices d’équilibre induisent une tonicité musculaire «plus juste et économique», une meilleure perception du corps dans l’espace et l’environnement, de meilleurs ajustements posturaux anticipés et une augmentation de l’adaptabilité face à des situations de mouvement différentes. Lors du travail de l’équilibre, l’utilisation du miroir ne doit pas être privilégiée car il augmente la dépendance visuelle pour la construction de l’équilibre. En revanche, des exercices préventifs d’équilibre yeux fermés sont très efficaces et adaptés aux danseurs. Pour optimiser ces exercices préventifs, l’équilibre doit être travaillé en dehors du mouvement dansé. Ils consistent à prendre conscience de la répartition des appuis sur le sol, à identifier les limites de stabilité, à stabiliser le bassin et à varier au maximum les conditions (visuelles, sonores, type de sol, …) pour optimiser les réactions face à différents types de mouvement.

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Exercices yeux fermés: 4 conditions déstabilisantes (par le support et les mouvements)

 

Les informations et conseils proposés s’inscrivent dans une logique de prévention. Ils ne peuvent en aucun cas se substituer à la consultation d’un médecin ou d’un professionnel de santé pour l’établissement d’un diagnostic précis et la prescription d’un traitement adapté.

 

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