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Les inégalités territoriales s’accentuent dans la région Grand-Est

Les inégalités territoriales s’accentuent dans la région Grand-Est
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En deux ans, les trajectoires des Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) du Grand-Est en termes d’évolution de revenu et de morphologie sociale ont poursuivi les tendances passées, creusant les inégalités territoriales. La pauvreté s’accroît autour des villes moyennes, et les intercommunalités cumulant chômage et déficit migratoire sont plus nombreuses.

Une typologie des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) du Grand-Est, réalisée à partir d’indicateurs de revenu, de population et d’emploi (cf. Insee Analyses Grand Est n° 74), a identifié trois classes de territoires plus marqués par la pauvreté. Les métropoles, globalement riches, présentent de fortes inégalités et des fragilités sociales, caractéristiques que l’on retrouve dans une moindre mesure en frontière luxembourgeoise ; les anciens territoires industriels, comme Mulhouse, Troyes ou le bassin minier lorrain, connaissent des difficultés d’emploi qui engendrent des fragilités monétaires et sociales, plus que dans les territoires agricoles où les difficultés concernent essentiellement les jeunes ; dans une bande sud parcourant les Vosges et la Haute-Marne, la pauvreté n’est pas extrêmement marquée, mais ses conséquences renforcées par les dynamiques économiques et démographiques atones.

Pauvreté localisée, concentration des emplois : les inégalités territoriales se creusent

C’est dans les EPCI classés « métropoles socialement fragiles » que le taux de pauvreté augmente le plus, passant de 15,9 à 16,9 % entre 2014 et 2016. Il gagne aussi 0,6 point dans les territoires dits « appauvris par le déclin industriel » (de 19,7 % à 20,3 %), qui présentaient déjà les valeurs les plus élevées du Grand-Est en 2014. Dans les « villes champenoises modestes », où le taux de pauvreté est plus proche de la moyenne, c’est le niveau d’équipement qui baisse alors qu’il était déjà faible. À l’opposé, le revenu médian augmente dans les EPCI « frontaliers inégalitaires » et dans les territoires « riches par redistribution frontalière », de sorte que les inégalités entre territoires augmentent.

La population croît dans les métropoles et tous les types de territoires frontaliers déjà denses, et diminue dans les anciens bastions de l’industrie. Les autres territoires se distinguent plutôt par les évolutions d’emploi. Dans les EPCI à « cadre de vie rural favorable », les emplois sont de moins en moins nombreux par rapport au nombre d’actifs occupés. C’est l’inverse dans les « villes champenoises modestes ». La concentration de l’emploi dans les pôles concerne désormais les villes moyennes. Le chômage et la pauvreté, plutôt contenus, ont alors tendance à progresser dans l’espace alentour.

Extension de l’espace rural résidentiel, constance des espaces de richesse et de pauvreté

Si les évolutions des classes d’EPCI sont différenciées, les trajectoires pour les territoires d’une même classe sont assez semblables, et peu d’EPCI en changent en deux ans. Les mêmes grandes métropoles se distinguent toujours par des situations sociales hétérogènes. Les territoires voisins de la Suisse et des grandes villes se caractérisent par un fort vieillissement.

La frontière est moins opaque entre les autres classes. La zone de cohabitation entre difficultés sociales et population à hauts revenus, en frontière luxembourgeoise, s’étend légèrement vers l’ouest. La classe « périurbain dense et riche », où la population a continué d’augmenter, s’élargit autour de Nancy. Le chômage s’est stabilisé à un niveau élevé dans les zones affectées par le déclin industriel (au moins 17 %), mais les migrations déficitaires pèsent toujours sur l’évolution de la population, et cette situation concerne deux EPCI supplémentaires. La classe des « villes champenoises modestes » se réduit, cinq EPCI ruraux le quittant alors que Verdun et Bar-le-Duc le rejoignent. À deux exceptions près, elle ne compte plus que des EPCI polarisés par une préfecture ou une sous-préfecture. Le mouvement de concentration des emplois a davantage démarqué ces pôles des EPCI ruraux qui ont quitté la classe. Il devient la principale caractéristique de ces types de territoires, qui présentent toujours des caractéristiques de pauvreté proches de la moyenne régionale et un relatif déficit de services à la population.

Corollaire de cette démarcation de pôles d’emploi moyens, la classe « cadre de vie rural favorable » s’élargit, la principale caractéristique de ses territoires devenant leur fonction résidentielle. Apparaissant d’abord comme favorisée, elle accepte désormais des EPCI aux évolutions de populations plus faibles, aux taux de pauvreté, de chômage et de jeunes non insérés plus élevés. Les difficultés de logement et la monoparentalité restent peu fréquentes, grâce à la disponibilité de l’espace et à l’absence de choc d’emploi brutal.

Enfin, la composition des territoires « en stagnation et pauvre » subit quelques ajustements, échangeant des EPCI avec une grande variété de classes. Il se situe en effet dans une position intermédiaire et la plupart de ses EPCI ont des trajectoires plates, aussi la moindre évolution peut-elle les amener dans des classes plus ou moins bien loties.

Lire l’étude complète de Clément Gass et Flora Vuillier-Devillers sur le site de l’INSEE.

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