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L’esprit d’enfance

L’esprit d’enfance
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On est loin de la rose au sapin de noël, je veux dire on est loin de la rose du petit prince de Saint Exupéry seule sur sa planète, au sapin de Noël de McCarthy, au pied de la colonne Vendôme.

On voit bien une trajectoire cependant, une évolution artistique, diront les indécrottables optimistes envers et contre tout, qui mène du trésor un peu magique et merveilleux de l’enfant dont l’amour le plus pur s’exprime pour cette fleur, vers l’image trouble d’un symbole présentant l’aspect double et ambigu de la fête et du désordre qui affecte l’adulte endeuillé par son innocence perdue.

Qui ne se rappelle les joyeuses chansons d’Henri Des qui enchantèrent les jeunes années de plusieurs générations, acceptant l’enfant comme tel, c’est à dire un enfant ?

Qui ne voit pas dans certains spectacles pour enfants aujourd’hui comme un désir d’affranchissement de l’enfance vers un vieillissement accéléré à l’image du nouveau Disney : « Maléfic », film produit par des adultes, qui voudraient à toutes fins que les enfants ne soient rien d’autres que de petits adultes, c’est à dire leurs semblables en modèle réduit?

Prenons garde cependant, que s’il nous est difficile de retrouver cet état d’enfance qui a marqué le début de nos vies, nous ne soyons tentés, par désir de nous rapprocher des enfants, de leur ôter ce qui fait leurs différences afin qu’ils soient conformes à la vision désabusée et cynique vers laquelle la vie nous a fait dériver.

En fait, plutôt que de nous rapprocher de l’enfance, c’est elle que nous tirons ainsi vers nous. Heureusement et pour ne pas « plomber » l’ambiance, rappelons que de nombreuses troupes et compagnies ont su garder une fraicheur spontanée et salutaire pour mettre le spectacle vivant au service de l’enfance sans chercher à écorner sa candeur, souiller son innocence et blesser son espérance absolue dans la vie.

Il faut choisir, et ce n’est pas le moindre mérite des gens du spectacle que d’avoir choisi de rester de grands enfants plutôt que de voir grandir autour d’eux, prématurément, de petits adultes sans espoir.

Méfions-nous du discours qui vise à imposer de nouveaux modèles, apparemment dans le but de faire disparaître les déterminismes culturels pour les remplacer par d’autres tout aussi contestables.

Mais cette démarche, au nom de la modernité, en mettant fin aux pratiques culturelles les plus anciennes, vise surtout à couper l’enfant de son milieu familial porteur de tous les atavismes auquel on voudrait qu’il échappe.

On peut se féliciter cependant que ceux, dans leur très grande majorité, qui s’occupent d’offrir une heure de plaisir et de joie aux enfants, ne soient pas encore (ou déjà) plongés dans ces préoccupations douteuses et pour cela ont su garder assez de fraicheur et de joie au cœur pour exprimer ce qui les anime en premier lieu : l’Esprit d’enfance.

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