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L’évolution du financement par l’État du spectacle vivant en trois questions

L’évolution du financement par l’État du spectacle vivant en trois questions
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Profession Spectacle s’est intéressé aux analyses d’un haut fonctionnaire de l’État qui a fait presque toute sa carrière au ministère de la Culture. Sur son blog, hébergé par Mediapart, Jean-François Marguerin a décortiqué les budgets du ministère entre 2006 et 2015. Un propos parfois complexe, que nous avons choisi de vous résumer en trois questions.

 

  1. Les crédits accordés aux 14 opérateurs de l’État (Théâtres nationaux, Comédie Française, Grande Halle de la Villette…) ont-ils baissé ?

Réponse : Oui.

Encore dotés de 280,851 millions d’euros en 2006, ils ne reçoivent plus désormais « que » 261,455 millions d’euros en 2015. Si l’on ajoute l’inflation, cette baisse atteint jusqu’à 19% sur la période. Par exemple, la subvention à l’Opéra national de Paris était de 104,5 millions en 2006, puis de 98,4 millions en 2013, enfin de 97,75 millions cette année.

Comment l’expliquer ? Pour Jean-François Marguerin, ces 14 opérateurs de l’État font les frais d’une volonté des ministres successifs de préserver les crédits d’intervention (voir en dessous). Comment parviennent-ils à annoncer chaque année, au Festival d’Avignon, que les crédits sont préservés pour l’année suivante, tout en faisant des économies ? Vous avez la réponse.

 

  1. Est-ce que les subventions et aides accordées aux labels, réseaux, scènes conventionnées… sont elles aussi touchées ?

Réponse : Non.

C’est ce que l’on appelle les crédits d’intervention. Contrairement à ce que l’on croit souvent, ils sont en progression : +67 millions d’euros (+21%) entre 2006 et 2015. Mais attention, ce constat cache de très fortes disparités dans la distribution. Ainsi, si les 13 opéras en région voient leurs crédits augmenter d’un peu plus de 18%, ou 16% pour les Centres dramatiques nationaux, d’autres sont à la diète. C’est le cas notamment des Centres chorégraphiques nationaux (-16%), ou encore des orchestres permanents (-17%).

Les aides aux “équipes artistiques” baissent de 11,25% entre 2006 et 2015. Autre chiffre qui fait mal : les aides directes dédiées aux compagnies et ensembles musicaux ne représentent que 7% des crédits constituant le programme “Création soutien au spectacle vivant”.

  1. Et les festivals dans tout ça ? Sont-ils eux aussi à la diète ?

Réponse : Oui.

Les dotations des festivals en région sont passées de 11 millions d’euros à 7,2 millions, soit une baisse de… 63% ! Comment l’explique Jean-François Marguerin ? La sélection est plus dure, avec une priorité aux festivals qui privilégient la découverte artistique ou qui ont une dimension internationale. Les événements qui ne concourent qu’à un “marketing local” sont écartés dans ces arbitrages (pour rappel, on parle ici de financements accordés par l’État et non les collectivités locales).

 

Et après ? Cette première analyse – vaste défrichage de chiffres et de budgets – doit en amener une autre : comment faire évoluer le financement du spectacle vivant, alors que le modèle que nous avons aujourd’hui, hérité de l’après-guerre, est, semble-t-il, condamné à revoir sans cesse à la baisse ses ambitions, à mesure que les budgets diminuent ? Profession Spectacle n’a pas la réponse, mais Jean-François Marguerin en promet une prochainement. Nous ne manquerons pas de vous la transmettre et de donner notre avis.

Jacques GUILLOUX

 

Jean-François Marguerin est un haut-fonctionnaire dont la majeure partie de sa carrière s’est déroulée au Ministère de la Culture. Il a également été directeur général du Centre National des Arts du Cirque. Il est aujourd’hui directeur régional des affaires culturelles de Rhône-Alpes.

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