Des millions de Japonais écoutent ses chansons chaque jour, pourtant ils ne connaissent pas son nom : Minoru Mukaiya compose des « Hassha Melody », de courtes rengaines musicales qui égayent le trajet des passagers du métro bondé de Tokyo. Une idée pour se détendre par temps de grève ?

[avec AFP]

Quand on lui demande combien il en a créé, cet ancien membre du groupe de jazz fusion Casiopea, 61 ans, marque une pause. Il a perdu le fil et un assistant s’empresse de lui apporter une liste. « 170 ? Quoi ? J’en ai écrit 170, s’esclaffe-t-il. Ce n’est pas possible ! »

Ces mélodies sont tellement communes au Japon que ses habitants n’y prêtent plus attention, mais les touristes sont souvent interpellés par les sons acidulés à chaque départ de train. Moments de détente, éléments de sécurité, repères sonores, ses musiques qui ne dépassent pas sept secondes résonnent dans toutes les têtes japonaises.

Du sur-mesure selon les villes et les gares

Et Minoru Mukaiya a ses fans : il compte plus de 34 000 abonnés sur Twitter, se produit devant des salles combles et n’a plus le droit de jouer dans la station du quartier chic de Ginza, depuis qu’un de ses concerts y a provoqué un chahut indescriptible.

À chaque ville, son ambiance : Minoru Mukaiya fait du sur-mesure. À Kyoto, ancienne capitale impériale, les mélodies se veulent ainsi « plus respectueuses de la culture japonaise ». Dans la très fréquentée station tokyoïte de Shibuya au contraire, les énergiques sonorités qui vont crescendo évoquent l’abrupte ascension qui attend les passagers. Quant à la station de Takadanobaba, berceau du personnage de manga Astro le petit robot (ou Astro Boy), la musique se veut un hommage en reprenant le thème musical du dessin animé.

Et si on tend bien l’oreille, on remarquera que, mises bout à bout, les mélodies de chacune des stations d’une ligne forment une chanson complète.

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Photographie de Une – Minoru Mukaiya (au piano) et son groupe de jazz fusion Casiopea
(Source : Keyboard Magazine)