À l’occasion des municipales, le SNES vient de publier un communiqué énonçant six propositions pour améliorer la place du spectacle vivant. Nous reproduisons ce communiqué dans son intégralité, à quelques petites modifications orthographiques près.

Communiqué

Le SNES propose :

#1 Améliorer l’accessibilité et la mobilité

Les structures de spectacles parisiennes alertent les candidats sur les conditions d’accès difficiles des franciliens aux spectacles présentés à Paris. Au-delà des difficultés rencontrées suite aux mouvements des « gilets jaunes » puis du mouvement social lié à la réforme des retraites, la multiplication des travaux dans la capitale, les difficultés de circulation, mais aussi la saleté ou l’insécurité ont éloigné le public de la vie culturelle parisienne. Le SNES regrette le manque de dialogue entre les structures de spectacles parisiennes et la mairie de Paris. Le SNES invite le futur maire de Paris à ouvrir des discussions sur ces questions.

Le coût trop élevé des transports freine les familles désirant se rendre au spectacle à Paris. Exemple : un billet aller-retour Juvisy-sur-Orge – Paris est à 9,90 euros. On imagine aisément quel coût cela représente pour une famille avec enfants. Le SNES propose donc aux candidats la mise en place d’une « carte sorties » pour les jeunes, mieux adaptée que le « tarif jeunes » actuellement en vigueur.

Les salles de spectacles parisiennes demandent la mise en place d’une signalétique aux abords de leurs lieux. Les salles de spectacles demandent également des tolérances de stationnement à proximité de leurs salles au moment des spectacles.

#2 Mettre en place une mission « spectacle vivant »

Faute d’interlocuteurs dédiés au spectacle vivant à la mairie de Paris, le SNES demande que soit mise en place une mission « spectacle vivant », constituée d’une équipe dotée de moyens significatifs, à l’instar de la « mission cinéma » de la ville de Paris. Son rôle serait d’échanger avec les compagnies, les producteurs et les salles de spectacles pour coordonner les actions des équipements culturels de la ville. Les candidats à la mairie de Paris sont-ils prêts à s’engager sur cette voie nécessaire ?

#3 Favoriser le développement des partenaires public / privé

Dépasser le clivage binaire et caricatural entre les secteurs public et privé.
Depuis longtemps, la ville de Paris renvoie dos à dos les acteurs publics et privés du spectacle vivant, comme si les salles, producteurs et compagnies d’initiative privée représentaient une culture moins noble, moins légitime. Pourtant, ces structures participent autant que celles du secteur public à la vitalité artistique de Paris, vitalité que le monde entier nous envie.

Les œuvres d’Alexis Michalik (cinq de ses spectacles sont aujourd’hui à l’affiche dans nos théâtres), de Joël Pommerat, Samuel Beckett, Labiche, Molière, Jean-Claude Grumberg ou Ionesco sont d’immenses succès populaires et le public se moque bien de savoir si le spectacle qu’il a aimé est porté par le secteur public ou privé. Nos structures prennent des risques, osent, innovent. Elles ont le droit à la reconnaissance de la ville de Paris.

#4 Organiser des grandes manifestations à Paris

Une grande ville comme Paris se doit de proposer de grandes manifestations parisiennes du spectacle vivant au public. En l’absence de grandes manifestations parisiennes du spectacle vivant, les artistes sont contraints d’aller présenter leurs créations au festival OFF d’Avignon, qui dénombre en conséquence 375 compagnies parisiennes.

Les théâtres, salles de spectacles, compagnies et producteurs parisiens trouveraient dans la mise en place d’une grande manifestation parisienne une opportunité nouvelle de présenter leurs spectacles à des publics plus larges.

#5 Mieux soutenir la création à Paris

Les lieux de spectacles parisiens pourraient former un vrai réseau accueillant les spectacles dans toute leur diversité, depuis leur création jusqu’à leurs représentations, sans oublier des résidences et des lieux de vie pour les artistes.

Aujourd’hui, quels soutiens existe-t-il pour les lieux de vie culturels parisiens ? En effet, lorsque des lieux comme Le Lavoir moderne parisien dans le 18e arrondissement sont menacés d’expropriation, la mairie ne se résout pas à exercer son droit de préemption. N’est-il pas possible de mettre en place un dispositif juridique pour maintenir la diversité des lieux de création dans la capitale ?

Le SNES demande aux candidats d’encourager davantage les lieux de vie culturels parisiens en les soutenant dans leurs démarches et en tenant compte de leurs particularités.

Enfin, le SNES demande aussi une meilleure adaptation des aides de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP).

#6 Améliorer la place des créateurs, auteurs, comédiens et musiciens

Des centaines de créateurs, auteurs, comédiens et musiciens sont contraints d’élire domicile en région parisienne faute de mise en place de dispositifs suffisants d’aides au logement et d’accès aux ateliers ou aux studios d’artistes pour leur permettre de créer à Paris.

SNES

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