Instant classique – 26 février 1899… 121 ans jour pour jour. Debussy n’aimait pas sa « Rêverie », œuvre de jeunesse écrite dans les années 1880, bien qu’on ne sache pas très bien quand. Suffisamment tard tout de même pour que le style général rappelle bien à qui on a affaire.

Claude Debussy, qui avait surtout besoin de faire bouillir la marmite, la propose à plusieurs éditeurs, dont Choudens, au début des années 1890. Mais cette petite pièce bucolique n’est pas publiée. La pianiste Germaine Alexandre en donne la première audition publique il y a tout juste cent vingt-et-un ans, mais l’œuvre ne sera enfin publiée qu’en 1904. Et là, crac, Debussy, qui n’était pas à une contradiction près, écrit à l’éditeur Fromont qui avait osé faire cette publication : « Vous avez tort de faire paraître la Rêverie. C’était une chose sans importance, faite très vite… En deux mots, c’est mauvais. »

On reconnaît là la forme de sévérité presque méchante dont Debussy usait volontiers dans ses critiques musicales sous le pseudonyme de Monsieur Croche. Mais cette fois, la dent dure, il l’avait contre lui-même. Et cette fois aussi, comme assez souvent dans ses jugements (qui peuvent faire penser à ceux, définitifs, que Boulez pouvait asséner), il était injuste.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »