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Ne pas souhaiter bonne chance

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Comme tous ceux que leur profession amène à se mettre en danger, les saltimbanques, qu’ils fréquentent la piste ou les velours d’un grand théâtre, sont particulièrement accessibles à la superstition.

Comme cela dure depuis des siècles et que l’invention des anxiolytiques n’y a décidément rien changé, les gens de scène continuent d’user d’incantations pour conjurer leur trac. Comme il est hors de question de souhaiter une bonne chance aux infortunés devant affronter les critiques ou le public, on recourt le plus souvent à un mot célèbre attribué au général Cambronne. Selon certains, le mot ferait alors référence à la quantité de crottin laissée par les nombreux chevaux tirant les voitures d’un public encore plus nombreux, mais les doctes en doutent. Du reste, le mot de Cambronne, dans ses diverses déclinaisons linguistiques fait aussi les beaux jours des coulisses belges, hongroises ou latino-américaines.

Pourtant, il n’est pas le seul utilisé sur les scènes du monde civilisé. Les chanteurs d’opéra, fortement influencés par l’Italie, usent volontiers d’un sonore « In bocca al lupo » (dans la bouche du loup) auquel il est convenable de répondre par un non moins sonore « crepi lupo ! » (qu’il crève, le loup !). Par contre, les Allemands ont exporté chez nous un « toï toï » (à prononcer les doigts croisés) qui se répand un peu partout. Son origine serait à chercher dans le mot « Teufel » (« diable » dans la langue de Goethe).

Quant aux Anglo-saxons des deux côtés de l’Océan, ils se contentent d’un « break a leg ! » (casse-toi une jambe !) plein d’une retenue toute britannique.

Et si, après cela, vous craquez une note ou tombez dans un mortel trou de mémoire (touchons du bois !), c’est peut-être que vous aurez répondu un très imprudent « merci ! ».

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