Le chanteur et compositeur uruguayen Daniel Viglietti – Daniel Alberto Viglietti Indart de son nom complet – est décédé lundi, à l’âge de 78 ans, pendant une intervention chirurgicale selon le quotidien espagnol El Pais. L’artiste fut l’un des symboles de la protestation contre la dictature en Uruguay (1973-1985) : arrêté en 1972, il vécut en exil en Argentine et en France pendant une dizaine d’années, jusqu’à son retour en 1984.

Daniel Viglietti est né le 24 juillet 1939 à Montevideo, de parents musiciens – sa mère était pianiste et son père, guitariste. De formation classique, le guitariste et compositeur s’oriente progressivement vers la chanson populaire et politiquement engagée.

Un an avant le coup d’État civil et militaire de 1973, il est arrêté. Aussitôt, des personnalités du monde entier se mobilisent pour lui : François Mitterrand, Oscar Niemeyer, Julio Cortázar, Jean-Paul Sartre… Commence alors un long exil, tout le temps que dure la dictature, qui le conduit en Argentine et en France, jusqu’à son retour en Uruguay en 1984.

Certains titres deviennent des succès internationaux, comme symboles de l’âme et de la résistance uruguayenne : « A desalambrar » (« Enlevons les clôtures »), « Milonga de andar lejos » (« Milonga des terres lointaines ») et « Gurisito » (Petit gosse), « Canción para mi América » (« Chanson pour mon Amérique »)…

Il a par ailleurs collaboré avec l’écrivain et poète uruguayen Mario Benedetti : les poèmes de ce dernier ont donné lieu, en 1985, à une œuvre musicale intitulée A dos voces (« À deux voix »).  Viglietti a enregistré une quinzaine d’albums, en solo ou accompagné de musiciens, de récitants (Juan Capagorry)…

En avril dernier, il avait proposé un récital particulièrement combattif au Théâtre Joventut de L’Hospitalet, dans le cadre d’un festival à Barcelone (Espagne).

Élodie NORTO



Photo de Une – Daniel Viglietti (source : Catalunya Press)