L’organiste et compositeur Jacques Charpentier est mort le 15 juin dernier, à l’âge de 83 ans, dans une maison de repos de Lézignan-Corbières. Né à Paris en 1933, il est notamment formé par Olivier Messiaen au Conservatoire, avant d’être nommé inspecteur principal de la musique par le ministre de la culture en 1958, et envoyé à Carcassonne, ville qu’il ne quitte plus. Il laisse plus de 150 œuvres, pour orgue, orchestre et formations de musique de chambre.

Au service du ministère de la culture

Le parcours de Jacques Charpentier est fortement marqué par deux lieux : la ville de Carcassonne, et plus particulièrement la place Carnot, où il s’installe pendant 50 ans, et le ministère de la culture, pour lequel il assume la fonction d’inspecteur principal de la musique, dès 1958, puis de directeur de la musique, de l’art lyrique et de la danse.

Ce parcours a évidement été salué par Françoise Nyssen dans un communiqué publié le 15 juin :

« Le musicien qui s’était révélé au sein du ministère comme un remarquable administrateur était aussi un pédagogue-né, un professeur qui aura permis aux plus beaux talents de trouver la voie de leur plein épanouissement. »

En 2004, il est élu, à l’unanimité, président du Comité national de la musique, la section française du Conseil international de la musique de l’Unesco. En 2006, il est fait commandeur de l’ordre national du mérite.

Plus de 150 œuvres

Tout au long de sa vie, Jacques Charpentier écrit des ouvrages et compose de nombreuses musiques, pour orgue, orchestre et ensembles instrumentaux. Plusieurs pièces ont fait l’objet d’interprétations magistrales et de reprises dans le monde entier : les 72 études carnatiques (de 1957 à 1984), un opéra consacré à Marie-Antoinette coécrit avec Marcel Jullian, Samba pour 6 percussionnistes ou l’opéra Béatrix de Plannisolas, en cinq actes et en langue d’oc, en 1971.

En novembre 2016, un hommage lui est rendu à Carcassonne, avec la venue de la pianiste italienne Giusy Caruso, qui interpréta les 72 études carnatiques, inspirées de la musique traditionnelle indienne. Carcassonne n’a d’ailleurs jamais cessé de mettre à l’honneur « son » compositeur, multipliant les hommages, tandis que Jacques Carpentier recevait de Paris l’Ordre national du mérite et de la Légion d’honneur.

Vanessa LUDIER