Comme un symbole de renouveau et d’espoir ! Cruellement touchée par la pandémie dès son irruption en France, Mulhouse a longtemps été stigmatisée. Les 17 et 18 octobre prochains, plus d’une vingtaine de compagnies artistiques feront revivre ses rues et son centre-ville, dans le cadre du festival Scènes de rue. « L’important, insiste Frédéric Rémy, son directeur artistique, c’est que la culture soit au cœur de la ville. »

Le festival mulhousien Scènes de rue a en effet pu être reporté au premier week-end des vacances de Toussaint. Réduite sur deux jours au lieu de quatre et centrée au cœur de la ville plutôt qu’éparpillée jusqu’à la périphérie, cette édition post-coronavirus entend remplir un objectif : se focaliser sur les représentations et offrir aux Mulhousiens un peu de douceur. Après un printemps traumatisant dû à la crise du coronavirus, le festival Scènes de rue entend effectivement offrir à la ville de Mulhouse un peu de chaleur en cet automne encore incertain. Au programme, des spectacles d’arts de la rue traditionnels et renouvelés, qui ont été réfléchis en fonction de l’environnement urbain où ils seront représentés. L’événement existe depuis plus d’une vingtaine d’années et égaye d’habitude la ville sur quatre jours à la mi-juillet. Il rassemble aussi bien des compagnies de référence que des artistes plus jeunes et se veut être un lieu de laboratoire et d’expérimentation où se déploient la danse, le cirque, le théâtre, la musique ou encore les installations de feu et de toute sorte.

Décalé au 17 et 18 octobre à cause de la crise sanitaire, le festival a été transformé. « Nous avons resserré la manifestation sur le samedi et le dimanche, explique Frédéric Rémy, le directeur artistique. De toutes les compagnies qui étaient programmées, il y en a eu trois ou quatre qui ne pouvaient pas à ces dates, mais les autres ont pu être disponibles. Il a fallu réfléchir à la façon d’écrire une programmation sur deux jours, tout en prenant en compte les contraintes de jauges publiques. »

Squares, cours d’école…

Le festival a ainsi été adapté pour être plutôt central, alors que Scènes de rues occupent aussi la périphérie de la ville en temps normal. « Nous avons créé des rendez-vous qui ne s’éparpillent pas très loin, poursuit-il. En temps estival, la mobilité est différente, alors qu’on se déplace moins en automne. Nous avons choisi des endroits où la fréquentation pouvait être contrôlable pour éviter de créer des rassemblements et respecter les distanciations physiques : des squares, des cours d’école… Mais il va là aussi falloir s’adapter. Pour s’installer, les artistes devront attendre vendredi 17 heures et la sortie des classes, par exemple. »

Le festival a aussi supprimé son lieu de rendez-vous central, un bar scénographique qui servait d’espace de convivialité. « On ne vas pas créer ce rassemblement, ces rencontres entre artistes et publics, mais se focaliser sur les représentations. C’est l’objectif. Peut-être qu’il y aura un peu moins l’esprit de festival, mais l’important, c’est que la culture soit au cœur de la ville. »

Habitants responsables

La décision de reporter le festival a été prise très rapidement. Frédéric Rémy explique avoir temporisé pour éviter d’annuler et trouver une possibilité de reporter l’événement. Le festival étant porté par la ville, le choix de la date a été validé avec les élus. « Nous nous doutions que la rentrée allait être un peu compliquée : les écoles s’étaient arrêtées au printemps, la rentrée allait être un sujet de préoccupation majeure. Ce premier week-end des vacances de la Toussaint devrait être l’occasion de souffler un peu. »

Alors que Mulhouse a été très touchée par le virus, Frédéric Rémy reste confiant quant à la fréquentation du public, même si un festival d’automne attire de façon différente qu’un festival d’été. « Depuis le déconfinement de la ville, les habitants sont extrêmement responsables. Le port du masque n’est pas un problème, les gens sont vraiment attentionnés les uns envers les autres. Le festival pourra se tenir dans les meilleures conditions sanitaires possibles et après ce que les habitants ont vécu, il faut vraiment se protéger et adopter un comportement qui inclus les gestes barrière. » De leur côté bien sûrs, les artistes n’attendent que de jouer.

Chloé GOUDENHOOFT

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Photographie de Une – Les Arts Oseurs Les Tondues (© Alain David / Jean-Pierre Estournet)



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