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Subventions sucrées ou choix politiques… c’est sur le dos de la Culture que l’on fait des économies !

Subventions sucrées ou choix politiques… c’est sur le dos de la Culture que l’on fait des économies !
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Rassurez-vous, Profession Spectacle n’a pas pour ambition de devenir le journal des mauvaises nouvelles ! Mais en ces temps de crise et de serrage de ceinture, les métiers de la culture et du spectacle sont, plus que jamais, au pain sec et à l’eau. C’est notre mission de le dénoncer.

“La faute aux baisses des dotations de l’État !” C’est l’argument à la mode pour justifier les coupes drastiques dans les budgets accordés à la culture. Une situation alarmante, puisque ce sont des outils d’expression et de travail qui sont menacés.

À Lyon par exemple, le maire PS n’a pas fait dans le détail. Pourtant critique envers la politique du gouvernement concernant ces baisses décidées par l’État (11 milliards d’euros sur trois ans), le socialiste Gérard Collomb a tout de même été contraint de “faire des choix”… et c’est la culture qui trinque ! Il a ainsi tranché à la hache le budget alloué à la culture : 7 millions d’euros envolés, comme ça, d’un coup. Résultat : les budgets de l’Orchestre national de Lyon et du Théâtre des Célestins sont gelés, ceux du Musée des Beaux-Arts et du Musée d’art contemporain amputés de 150 000 euros, et le soutien à l’Opéra est revu à la baisse. Mais ce sont les lieux de création qui sont le plus durement touchés. Les Subsitances, Laboratoire international de création artistique dédié au spectacle vivant, voit son budget diminué de 450 000 euros ! Un coup d’autant plus dur que la Chambre régionale des comptes a relevé des irrégularités dans la gestion de la structure, rapporte l’édition locale de 20 Minutes.

Risque accru en province

Pour autant, à Lyon, les structures existantes sont préservées. Mais ailleurs, comme à Pau, ce n’est pas le cas. Le théâtre Monte Charge, après 38 ans d’existence, est contraint de baisser définitivement le rideau. « C’est le résultat de la suppression brutale et totale des subventions par la nouvelle équipe municipale »explique la présidente de l’association qui gère le lieu. Un manque à gagner de 87 000 euros qui condamne le théâtre. Pour couvrir les 40 000 euros de dettes accumulées, un festival « d’hommage » et de soutien se tient jusqu’au 31 octobre ; les artistes et groupes qui s’y produisent ont accepté de renoncer à leur cachet.

Il en faudra de la solidarité, surtout en province ! Car c’est là que les conséquences sont les plus graves. Un théâtre qui ferme à Paris, qui en contient plus de deux-cents, n’a pas le même impact que celui qui coule dans une petite ville.

Si l’on se penche un peu sur les priorités de nos élus de province, on se rend compte que le grand perdant des budgets en 2015 (celui de 2016 étant en cours d’élaboration) est bien la culture. C’est ce que révèle une étude sur les politiques municipales, réalisée par l’association des petites villes de France APVF. Sur 200 petites villes interrogées, 95% répondent que c’est dans ces fonds qu’elles comptent faire des économies.

Les coupes budgétaires dans les communes
La baisse des dotations n’explique pas tout

Si le nerf de la guerre est – comme souvent – l’argent, il ne faut pas non plus être aveugle. Les élections municipales de 2014 ont été l’occasion pour certains nouveaux maires de changer radicalement de politique culturelle. Ainsi, selon Emmanuel Négrier, chercheur au CNRS, interrogé par France Info, 35% des suppressions de festivals sont dues au changement de majorité, basculant de la gauche vers la droite, voire l’extrême-droite.

Les exemples ne manquent pas. À Bayonne, la mairie (UDI) a sucré les 60 000 euros de subvention au festival Translatines, qui mettait à l’honneur depuis trente-trois ans la création théâtrale espagnole et latino-américaine, au profit d’un nouveau concept baptisé Kulture Sport. Un rendez-vous qui, selon Sud-Ouest, a fait un bide et pourrait déjà disparaître.

Au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), le maire Thierry Meignen (Les Républicains) a baissé les subventions de la ville au Forum, un lieu de création jugé trop élitiste, avec pour conséquence la perte du statut de scène conventionnée. Depuis, un collectif citoyen rassemblant spectateurs, acteurs culturels, enseignants ou encore artistes, s’est monté pour tenter de garder l’esprit de création qui animait cette scène.

Alors que la rue de Valois s’est félicitée de voir son budget progresser d’1% (+ 72 millions d’euros) pour l’exercice 2016, sur le terrain, c’est donc la gueule de bois. Profession Spectacle ne manquera pas de vous tenir au courant de l’état du malade, mais si vous voulez vous même prendre sa température, nous vous conseillons de surveiller la “Cartocrise”, qui recensement les festivals, structures et associations supprimés ou annulés depuis mars 2014.

Jacques GUILLOUX

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