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Théo Théâtre : « Après 20 ans d’existence, on se rend compte du chemin parcouru »

Théo Théâtre : « Après 20 ans d’existence, on se rend compte du chemin parcouru »
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Aujourd’hui, 2 janvier, le Théo-Théâtre, dans le 15e arrondissement de Paris, organise une soirée exceptionnelle pour célébrer son vingtième anniversaire. L’un de ses fondateurs confie à Profession Spectacle les clés de cette réussite.

Au départ, Florence Fouéré et Olivier Courbier, les directeurs et fondateurs du Théo-Théâtre n’avaient rien prévu de spécial. Et puis, de fil en aiguille, ils se sont laissés convaincre de marquer le coup, en proposant une représentation gratuite du classique, mais indémodable, Dindon de Georges Feydeau, le 2 janvier 2016. Pas grand chose finalement, mais depuis que la date est fixée et que les invitations sont lancées, « on repense aux débuts, il y a vingt ans et on se rend compte du chemin parcouru, reconnaît Olivier. On est devenu un lieu culturel à part entière, avec nos affiches à la sortie des métros ».

Car il faut s’imaginer qu’à la place de la devanture rouge pétante du 20 rue Théodore Deck, dans le 15e arrondissement de Paris, ce n’était pas les rires de spectateurs qui résonnaient jusqu’au milieu des années 90, mais le chant des tuyaux d’une vieille plomberie et le cliquetis d’une ancienne imprimerie. C’est en 1995 que le couple, à la tête de la compagnie La Strada, décide de franchir le pas. « On tournait depuis cinq ans, on avait un peu de sous devant nous, alors on s’est lancé. On s’est dit : pourquoi ne pas réaliser notre rêve ? » Après le passage des architectes, des maçons et des menuisiers, le Théo-Théâtre (Théo pour Théodore Deck, le nom de la rue) a donc vu le jour : deux salles de spectacle de 70 et 50 places, deux salles de répétition, deux halls d’accueil et des loges confortables. Résultat : le lieu accueille chaque année près de 20 000 spectateurs.

« Les choses sont fragiles alors on lâche rien »

Pourtant, ce serait un raccourci de dire que tout fut aussi simple. « On a subi de plein fouet la crise de 2008 et une importante baisse de la fréquentation, se souvient Olivier Courbier. On a même pensé à revendre. Mais on s’est finalement accroché et on est parvenu à trouver le moyen de nous sauver en nous réinventant et en diversifiant nos offres ». En plus des cours donnés à des amateurs de tous âges et de tous niveaux, le théâtre a choisi de miser sur de jeunes compagnies, qu’elles soient classiques ou modernes. Un pari gagnant puisque qu’aujourd’hui, non seulement un public fidèle vient assister aux spectacles, mais ces jeunes troupes en ont également fait venir d’autres, pour répéter et se produire.

Pas question pour autant de se reposer sur leurs lauriers. « Les choses sont fragiles, alors on lâche rien », martèle le directeur-comédien. C’est pourquoi le théâtre multiplie les événements, pour ne pas rester un simple théâtre de quartier risquant de péricliter. Les cours se sont diversifiés, permettant ainsi aux plus assidus de se produire devant un public, jusqu’à un mois entier, durant l’été. On retrouve également dans la programmation un Ovni : le Air Guitar. Le concept est simple : des artistes improvisent, déguisés sur scène, des rifles de guitare, mais sans guitare !

Crédits : Compagnie La Strada.

Crédits : Compagnie La Strada.

Un théâtre qui vit et qui fait vivre des troupes, mais que les deux directeurs rêvent d’exporter de l’autre côté du boulevard des Maréchaux et du périph’. « C’est notre grosse problématique du moment : on joue, mais nous n’arrivons pas à faire jouer ailleurs. Pour cela, il faudra réussir à monter un réseau avec d’autres salles, qui nous permettrait d’exporter nos spectacles en province notamment. » Une idée et une proposition que relaie Profession Spectacle : voilà qui pourrait être un beau cadeau d’anniversaire…

Jacques GUILLOUX

Crédits de la photo de Une : Théo-Théâtre.

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