Que du bonheur (avec vos capteurs) est un spectacle de magie interactif qui nous plonge dans un monde où l’humain et le numérique commencent à fusionner.

Dossier de presse

C’est l’histoire d’un magicien qui se rend compte qu’aujourd’hui les machines font son métier mieux que lui. Les algorithmes sont plus rapides que son cerveau pour retrouver les cartes choisies, les logiciels sont plus exacts que son intuition pour lire dans les pensées des spectateurs, et il y a même des magiciens morts qui ont le pouvoir de continuer à faire de la magie grâce aux ordinateurs et aux réseaux sociaux.

Alors que faire ? Résister ou pactiser ?

Note d’intention

Technologie et pouvoirs magiques

Le spectacle, en entrelaçant récits et effets magiques, raconte le cheminement d’un magicien qui, peu à peu dépassé par le pouvoir des machines, décide de fusionner avec elles afin de faire de la magie « pour de vrai ». Au-delà de leur aspect spectaculaire, les effets magiques du spectacle troublent, inquiètent et deviennent vraisemblables car ils se basent sur des outils technologiques et des applications qui existent réellement.

– Une application permet de créer sur un écran une image en trois dimensions d’un spectateur. Si on touche l’image, le spectateur aura également la sensation d’être touché. Est-il appairé à son double numérique, comme dans une version technologique du vaudou ?

– En photographiant un jeu de cartes, un algorithme calcule à toute vitesse les cartes dissimulées dans la poche d’un spectateur.

– Un scanner peut dupliquer à l’identique des objets appartenant au public et les télécharger dans d’autres villes.

– Un programme informatique capte, à travers un bracelet connecté, les souvenirs d’un spectateur et peut également lui injecter un rêve. L’esprit et la machine peuvent-ils dialoguer ensemble ?

Lorsque j’ai créé Je clique donc je suis il y a cinq ans, je m’intéressais aux dangers de la captation des données personnelles, qui passait essentiellement par nos ordinateurs et nos téléphones. Aujourd’hui, c’est la fusion humain/machine qui me passionne et me semble être un terrain de questionnement magique : l’erreur et la fragilité humaines. Dans notre société qui valorise la performance et l’exactitude, l’aide des machines devient capitale pour améliorer l’être humain, le rendre plus puissant, l’aider à prendre les bonnes décisions, corriger les failles inhérentes à la nature humaine. Les objets connectés et les capteurs nous accompagnent tout au long de notre vie, optimisent nos capacités d’organisation et de calcul, nous aident à nous orienter, à communiquer, et nous augmentent de capacités quasi magiques. La mort reste la grande limite de l’humanité mais le transhumanisme et le « bio-hacking » nous promettent, par l’hybridation avec la machine, de reculer, voire de vaincre l’issue fatale.

La magie est très présente dans le spectacle, et les récits lui donnent du sens et un contexte : les souvenirs du DEFCON, la plus grande convention de hackers du monde où j’ai découvert les pouvoirs magiques des machines ; le jour où un magicien mort, Dai Vernon, m’a demandé comme ami sur Facebook ; la découverte

de l’application Replika qui nous donne la possibilité de créer et de dialoguer avec notre double numérique qui pourra nous survivre après notre mort, etc.
Le magicien n’y est pas un personnage omnipotent, mais une personne qui, à travers ses fragilités et ses questionnements sur son art, interroge le public sur ses croyances et son rapport au monde. La grande proximité avec le magicien et l’interaction créée par les effets magiques rendent les questionnements concrets.

Depuis quelques années, je cherche à faire de la prestidigitation un outil qui questionne notre esprit critique, qui nous parle de la réalité et nous donne des outils pour repérer les illusions à l’œuvre dans notre monde réel, sans abandonner le plaisir du mystère et l’état de jubilation que la magie peut créer. Les technologies numériques sont aujourd’hui un nouvel endroit de croyance. On ne fait pas bien la différence entre ce qu’on croit et ce qu’on sait. En travaillant sur la question de l’immortalité, par exemple, les entreprises développant des projets autour des biotechnologies et du transhumanisme arrivent dans la zone du magique par le dépassement des limites de l’humain. La prestidigitation me semble un bon outil pour questionner ces croyances contemporaines, ces nouveaux endroits d’impossible et d’utopie.

Le mentalisme, qui est le répertoire magique principal du spectacle, est un art de l’acteur, du texte. Une des difficultés est de ne pas séparer la langue théâtrale du récit qui porterait le sens, et de l’autre côté un langage purement utilitaire des consignes des tours de magie. Pour tous mes spectacles, je travaille avec un metteur en scène/directeur d’acteur et j’ai proposé à Cédric Orain de m’accompagner dans ce projet car il est également auteur de textes et d’adaptations.

Thierry Collet

Comment peut-on prétendre mettre en scène un spectacle de magie quand on n’est pas du tout magicien ?

À mon endroit, ça commence d’abord par être simplement attentif à ce que le spectacle va pouvoir raconter. Je reste extérieur à la magie, j’imagine l’effet qu’elle va produire, je regarde comment elle se construit, mais je reste en dehors d’elle. D’abord, je ne peux pas m’en emparer, j’en suis incapable, mais j’essaie aussi de lui résister. Et c ’est très difficile. La puissance de son charme, l’attention qu’elle occupe, les regards qu’elle concentre : la magie tire la couverture à elle. Elle nous tient par la main, nous tire par le nez, pour nous emmener jusqu’à la sidération ou l’incrédulité. Sur scène, la magie ne laisse pas beaucoup de place à autre chose qu’elle-même. Comment faire du théâtre avec elle ?

Dans Que du Bonheur (avec vos capteurs), j’ai accompagné Thierry Collet pour construire une narration, développer un propos, et semer des questions. Nous avons tenté ensemble de faire dialoguer le théâtre avec la magie qu’il invente. Aujourd’hui, je ressens fortement qu’il y a beaucoup de magie dans ce spectacle, mais elle avance masquée, elle se cache derrière un récit, se niche dans une confidence, s’insinue dans un dialogue. Elle est là, mais elle cherche à se faire oublier. Pour mieux réussir son coup. Dans tous les cas, elle a fini par m’attraper.

Cédric Orain

Renseignements & Distribution

Durée : 1h

Conception et interprétation : Thierry Collet
Assistanat à la création et interprétation : Marc Rigaud
Mise en scène : Cédric Orain

Où voir le spectacle ?

Spectacle créé le 15 octobre 2019 à la Maison de l’Université de Rouen.

– Du 7 au 9 janvier 2020 : Hexagone à Meylan
– Du 13 au 15 janvier 2020 : La Comète à Châlons-en-Champagne
– Du 23 au 25 janvier 2020 : Magic Wip Villette à Paris
– Du 4 au 7 février : Théâtre-Sénart, Lieusaint
– Du 27 au 29 février 2020 : Magic Wip Villette à Paris
– Entre le 23 et le 31 mars 2020 : Spring, festival des nouvelles formes de cirque en Normandie
– Du 22 au 25 avril 2020 : Théâtre-Sénart, Lieusaint
– 12 mai 2020 : ville de Saint-Quentin
– 15 mai 2020 : CC Territoire Nord-Picardie
– 17 juin 2020 : Poix de Picardie

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