La deuxième édition du festival “Tomorrow’s Stories” se tiendra les 26-27-28 septembre et le 5 octobre prochains à Toulouse. Cet événement se veut un moment de découverte et d’exploration de créations numériques innovantes et des nouvelles façons de raconter des histoires. La ville rose s’apprête ainsi à plonger en immersion.

Au programme : des créations interactives dans les domaines du cinéma et de la réalité virtuelle, de la danse contemporaine, des arts du cirque et du jeu vidéo ; des auteurs, chercheurs et artistes invités de France, d’Espagne et des États-Unis ; des journées bien remplies et des soirées très animées… Le festival se déroulera en deux lieux, le centre culturel Bellegarde et le cinéma Gaumont Wilson.

Valentine Châtelet est docteure en histoire de l’art, spécialiste de technologies numériques et médiation patrimoniale. Elle est par ailleurs la cofondatrice et actuelle présidente des Storygraphes, association qui organise l’événement. Profession Spectacle l’a rencontrée.
.

Valentine Chatelet (© Emma Farinas)

Valentine Chatelet (© Emma Farinas)

Comment est née l’association des Storygraphes, que vous présidez ?

L’association Les Storygraphes a été créée à Toulouse en décembre 2016 par des professionnels, des chercheurs et des chercheuses des domaines de l’audiovisuel et de ce que l’on désigne communément par « nouvelles technologies ». L’idée première était de réfléchir ensemble à ce qu’impliquent ces dispositifs techniques et d’éveiller la curiosité du public pour les nouvelles formes de récits qu’ils permettent de proposer (cinéma interactif, bandes dessinées sonores, réalité virtuelle, etc.) et aussi pour accompagner et encourager les auteurs et autrices qui souhaitent explorer les possibles développements de ces technologies.

Vous organisez pour la seconde fois le festival “Tomorrow’s stories”. Il peut paraître étonnant, a priori, de mêler les technologies nouvelles et un terme plus classique tel que narrations. Comment s’est opérée cette jonction ?

Dans la société actuelle, les outils numériques sont omniprésents pour la communication, le commerce ou encore la santé. L’expression « nouvelles technologies » englobe des notions aussi larges que numérique, informatique, géolocalisation, réseau, etc. qui, toutes, font référence à la dimension technologique des dispositifs au détriment de ce qu’elles véhiculent culturellement et de comment le corps social s’en saisit. Venant pour la plupart d’entre nous des mondes de l’audiovisuel, du cinéma et des arts vivants, la question de la narration nous semblait devoir être (re)mise au centre du processus créatif afin que ces technologies soient au service de la narration et non le contraire.

Pourquoi avoir privilégié un anglicisme pour intituler ce rendez-vous ?

Le choix du nom du festival résulte d’une réflexion collective et d’un vote des membres de l’association ! De plus, nous nourrissons l’ambition d’organiser un festival d’envergure internationale ; ce que nous parvenons à faire par les projets présentés et en invitant des auteurs et autrices étrangers. Enfin, il nous a paru opportun, à l’heure où les frontières sont encore minces, de nous exprimer dans la langue la plus répandue dans le monde occidental.

Si le cinéma et l’audiovisuel sont naturellement en prise avec le numérique, comment inscrivez-vous le spectacle vivant et le journalisme dans votre programmation ?

Le spectacle vivant et le journalisme sont tout autant en prise avec les « nouvelles technologies » et on observe une porosité toujours croissante entre ces formes d’expression, le cinéma et l’audiovisuel. La question de la conception de contenus narratifs dans des formats hybrides est donc transversale ; notre idée est justement de décloisonner les genres pour donner à voir, entendre et vivre des expériences qui, sans le recours aux artefacts techniques, ne pourraient être. Cela, par des séances de diffusion en collectif et en présence des auteurs ou producteurs pour échanger ensuite dans le but d’un enrichissement mutuel.

Quels sont les temps forts de cette deuxième édition ?

Je citerais trois moments forts dans cette deuxième édition :
Telling Lies, la dernière création ovationnée par la critique de Sam Barlow (également auteur des jeux vidéo multi-primés Her Story et Silent Hill : Shattered memories), exceptionnellement transformé en jeu/film collaboratif en présence de son auteur ;
– la projection du documentaire transmedia Zero Impunity militant pour la reconnaissance et la sanction juridique des violences sexuelles lors de conflits armés ;
– l’avant-première de République, le dernier film interactif de Cinétévé expérience qui sortira en octobre 2019.

Propos recueillis par Pierre MONASTIER

.