Elle ne mâche pas ses mots. Venue à Paris présenter le film « My Lady », l’actrice britannique Emma Thompson n’hésite pas à pointer les inégalités dans le cinéma à l’heure de #MeToo, même si, pour elle, « il ne s’agit pas de devenir comme des hommes ».

Manque-t-on de femmes dans l’industrie du cinéma? « C’est un fait. Ca a toujours été comme ça », dénonce-t-elle dans un entretien à l’AFP.

« Les femmes commencent à entrer dans les équipes caméra. Mais je n’ai encore vu qu’une seule femme électro. Si vous essayez de devenir électricienne pour une femme, c’est impossible, complètement impossible! », ajoute-t-elle.

« Mais je pense que ce qui se passe en ce moment est très intéressant, et qu’il y a beaucoup de changements. Je pense que la nouvelle génération, celle qui est après la mienne, et celle de ma fille, vont connaître beaucoup de changements bientôt », poursuit-elle.

« Moi j’ai l’impression d’avoir fait partie d’une génération très rétrograde, qui avait des avis très binaires sur les hommes et les femmes. J’ai l’impression d’avoir grandi entourée par des modèles assez primitifs, mal dégrossis », lance-t-elle. « Ces vieux hommes s’en vont tous maintenant, ce sont tous des dinosaures, Dieu merci ! ».

« J’ai pu mener une carrière d’actrice » et « avoir du succès », tempère cependant celle qui s’estime « chanceuse » en tant que « femme blanche, privilégiée, éduquée ». « Mais nous sommes une très petite partie de la société », ajoute l’actrice, qui a commencé sa carrière au cinéma à la fin des années 80. « Pour les femmes de couleur, c’est très dur ».

 

 

AFP