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Une question à… Juliette Schrameck, directrice de mk2 Films, sur l’état du marché

Une question à… Juliette Schrameck, directrice de mk2 Films, sur l’état du marché
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Alors que la 71e édition du festival de Cannes vient de débuter, avec son traditionnel Marché du Film, Juliette Schrameck, directrice de mk2 Films – dont le président est Nathanaël Karmitz – analyse le marché actuel, sa dynamique, ses perspectives et l’émergence des plateformes VoD.

[Une question à…]

Quelle est votre analyse du marché actuel dont on dit qu’il est en plein bouleversement ?

C’est sûr que trouver sur chacun des territoires un distributeur « tous droits » qui va prendre le film sous le bras et qui va l’exploiter sous toutes ses formes, n’est pas toujours possible. […] Notre politique est d’avoir peu de films et de s’en occuper énormément. On vend et on travaille en général nos films pendant deux ans après leur lancement. On obtient d’ailleurs beaucoup de résultats la deuxième année.

Il y a une espèce de premier cercle, de premier marché qui est le marché évident dont tout le monde parle avec un lancement bien orchestré dans un festival le plus prestigieux possible, obtenir une presse la plus porteuse possible et vendre le film à des distributeurs à cette occasion.

Mais il y une sorte de deuxième cercle qu’on arrive à atteindre, un travail qui prend beaucoup de temps mais qui est absolument essentiel pour la visibilité des films, un travail dissocié avec des salles de cinéma ou des distributeurs qui travaillent uniquement avec les salles, avec les plateformes VoD, les chaînes de télévision. On travaille beaucoup média par média dans certains territoires. Et dans les territoires comme les États-Unis par exemple, où l’on dit qu’il est de plus en plus difficile de vendre des films qui ne sont pas en langue anglaise, c’est très important de pouvoir travailler en direct avec les salles, de pouvoir faire exister les films dans les festivals et en salles, avant de les vendre aux plateformes pour qu’ils aient une existence digitale et qu’ils puissent toucher un autre public.

Ce travail, nous prenons le temps de le faire, et sur tous les territoires. C’est une différence qu’on cultive et qui permet aux films de connaitre une exposition beaucoup plus importante que si l’on se contentait des distributeurs « tous droits » et du premier marché.

[…]

J’ai une équipe qui a des convictions et qui pense que les festivals et la salle de cinéma restent des endroits irremplaçables pour découvrir les films et les promouvoir. Mais parmi les grandes plateformes, certaines n’excluent pas que les films soient d’abord montrés dans les salles avant d’être exploités en SVoD. La SVoD, on l’utilise tous, c’est formidable, cela permet d’atteindre un public qui n’a pas forcément la possibilité ou la volonté d’aller dans les salles. Donc on travaille beaucoup avec Amazon ou avec des plateformes locales dans tous les pays et sur tous les continents. Mais le travail que nous faisons avec la salle, en tous cas dans tous les pays du monde où les salles existent, c’est un travail dont on fera jamais l’économie et qui est pour nous une des raisons d’être de notre métier.

Propos recueillis par Fabien LEMERCIER (Cineuropa)

Synthèse réalisée Vanessa Ludier



Photographie de Une – Juliette Schrameck (DR)



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