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Auteur : Tony Parodi

« Senses » : radiographie des rapports hommes-femmes au Japon

À Kobé de nos jours. Une amitié entre quatre femmes qui approchent de la quarantaine. Infirmière aguerrie, Akari vient de divorcer. Femme au foyer, Sakurako vit sous la coupe d’un mari autoritaire. Fumi semble elle heureuse en ménage avec un époux qui partage sa passion pour l’art. Jun a engagé une procédure de divorce particulièrement conflictuelle. Le bandeau qui surplombe l’affiche de Senses est trompeur. Senses n’est pas la première « série cinéma ». Son distributeur Art House avait déjà innové en distribuant en 2013 en deux volets les cinq épisodes de la mini-série Shokuzai de Kiyoshi Kurosawa. En tout état...

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« L’Homme qui tua Don Quichotte » : une déception à la hauteur de l’attente

Toby (Adam Driver) est devenu un célèbre réalisateur américain. De retour en Espagne sur un tournage, il part à la recherche du cordonnier (Jonathan Pryce) qu’il avait embauché pour son premier film, une adaptation en noir et blanc de Cervantès. Mais le vieil homme a depuis sombré dans le folie. Il se prend pour Don Quichotte et prend Toby pour son fidèle écuyer, Sancho Panza. Déboires successifs et richesse du scénario Il y a beaucoup de raisons de s’enthousiasmer pour le dernier film de Terry Gilliam. La première est bien sûr les conditions de sa réalisation et de sa...

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« En guerre » : Stéphane Brizé et Vincent Lindon au sommet de leur art

Laurent Amédéo (Vincent Lindon) est délégué syndical chez Perrin Industrie à Agen. Le sous-traitant automobile bat de l’aile. Deux ans plus tôt, un plan quinquennal de sauvegarde de l’emploi a été signé avec la direction en échange d’une augmentation de la durée de travail sans contrepartie salariale. Mais le groupe allemand auquel Perrin appartient ne veut rien entendre : Agen n’est pas assez compétitif et doit fermer. Laurent Amédéo va se battre. Il ne veut pas du chèque que lui fait miroiter la direction. Il veut sauver son emploi et celui de ses 1 100 camarades.  Grève post-Eisenstein Avec...

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« Comme des rois » : Tel père, tel fils

Joseph (Kad Merad) est un arnaqueur né. Ses magouilles font vivre sa famille : sa mère, sa femme (Sylvie Testud) et ses deux enfants, Micka (Kacey Mottet Klein) et Stella (Tiphaine Daviot). Il y associe son fils, qui rêve d’une autre vie, à Paris, où il aimerait devenir acteur. Entre le père et le fils, l’amour le dispute à la haine. Xabi Molia est un nom qui sonne et qu’on n’oublie pas. Ce Basque, passé par Henri-IV et Normal Sup, avait écrit et réalisé en 2009 un premier film qui m’avait durablement marqué. Avec Julie Gayet – qui n’était...

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« Otages à Entebbe » : les voies d’exploration d’une histoire connue

1976. Quatre terroristes (deux Allemands des « Revolutionären Zellen » et deux Palestiniens du FPLP) prennent en otages les passagers d’un vol Air France Tel Aviv – Paris à l’escale d’Athènes. Ils le détournent vers Benghazi en Libye puis vers Entebbe en Ouganda. Ils exigent la libération de 53 prisonniers politiques palestiniens. La prise d’otages dure sept jours. Elle divise le gouvernement israélien, le Premier ministre Yitzhak Rabin étant partisan de négocier tandis que le ministre de la défense Shimon Peres prône le recours à la force pour libérer les otages. Voies explorées C’est cette seconde option qui l’emporte. Une opération...

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« Le Secret des Marrowbone » : film d’horreur freudien ?

Fuyant un père violent, Rose Marrowobone et ses quatre enfants se réfugient aux États-Unis dans une maison isolée près de l’océan Atlantique. Mais la mère de famille, très malade, décède. Pour éviter d’être placés, les enfants décident d’un commun accord de cacher le décès de leur mère d’ici à la majorité imminente de Jack, l’aîné. La vie se déroule sans anicroche jusqu’à ce qu’une présence inquiétante, dans les combles de la maison, ne vienne troubler la sérénité de la fratrie. Saveur, limites et subtilités d’un film au genre éculé Marrowbone (audacieusement traduit en français Le Secret des Marrowbone) est...

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« La Révolution silencieuse » : Ostalgie et Vergangenheitsbewältigung

En septembre 1956, à Berlin-est, une classe de lycéens décide de marquer une minute de silence en solidarité avec les révoltés hongrois. Les conséquences de leur protestation seront terribles. Depuis une quinzaine d’années le cinéma allemand se penche sur son passé. Non pas qu’il ne l’avait pas fait jusqu’alors. Mais il semble aujourd’hui le faire plus systématiquement au risque parfois de donner de lui, dans celles de ses réalisations qui franchissent ses frontières, l’impression que c’est devenu son seul fonds de commerce. Le cinéma allemand face à son douloureux passé Deux œuvres marquantes dominent cette tendance. La première, Good...

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« L’Intelligence des arbres » : théories fumeuses, succès inquiétant

Il nous vient d’Allemagne des drôles de best-seller. Grâce à Le Charme discret de l’intestin de Giulia Enders, nos défécations ont pris une nouvelle saveur. Grâce à La Vie secrète des arbres, nous ne nous promenons plus en forêt de la même façon. Thèse séduisante et iconoclaste Son auteur, le forestier Peter Wohleben, y soutient une thèse aussi simple que séduisante : les arbres communiquent les uns avec les autres pour vivre en bonne intelligence. Le court documentaire (quarante-cinq minutes seulement) de Julia Dordel et Guido Tölke met sagement en image cette thèse iconoclaste. Difficile de porter sur lui...

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« The Rider » : chevauchées fantastiques

Brady n’a qu’une passion : les chevaux. Il les dresse. Il les monte en rodéo. Mais un grave accident l’oblige à y renoncer. L’acceptera-t-il ? La jeune réalisatrice sino-américaine Chloé Zhao remet le couvert. Après Les Chansons que mes frères m’ont apprises, elle plante à nouveau sa caméra au cœur de la réserve de Pine Ridge dans le Dakota du Sud au milieu des cowboys et de leurs chevaux. Fiction documentaire Son premier film racontait le déchirement d’un départ : Johnny, un jeune indien, quittait la réserve où il étouffait pour la ville dans l’espoir d’une vie meilleure. Son...

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« Plaire, aimer et courir vite » : le SIDA badin

1993. Jacques (Pierre Deladonchamps), un écrivain célèbre. Le SIDA ne l’empêche pas de plaire, d’aimer – en revanche on ne le voit guère courir. Autour de lui gravitent plusieurs hommes : Mathieu (Denis Podalydès), son voisin journaliste, auquel le relie une vieille amitié ; Marco (Thomas Gonzalez), dont il a été très amoureux et dont il l’est encore, qui se meurt à petit feu ; et aujourd’hui Arthur (Vincent Lacoste), un Breton d’une vingtaine d’années, qu’il rencontre à l’occasion d’un spectacle en province. Mais le temps est compté à ceux qui s’aiment. Jacques a le SIDA et refuse la...

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