Françoise Nyssen relance le projet d’un « centre national de la musique »

Promesse non tenue de François Hollande, la mise en place d’un centre national de la musique, qui rassemblerait tous les acteurs de la filière musicale française, fait régulièrement l’objet de discussions au sommet. Françoise Nyssen vient à son tour de s’emparer du sujet en mentionnant le projet d’une « maison commune ». La ministre s’est rendue au 51e Midem, le marché international du disque à Cannes, et a rencontré de nombreux acteurs du secteur musical sur le sujet.

Une promesse avortée du candidat Hollande

Françoise Nyssen veut initier le projet rapidement : un rapport a été commandé, qui sera rendu fin septembre. « C’est un vrai besoin, tout le monde l’a manifesté. Cette étude permettra de voir vraiment comment la configurer et de ne pas réfléchir ex nihilo », a expliqué la ministre lors d’un point presse au 51e Midem, le marché international du disque à Cannes.

Elle souhaite partir de ce qui existe déjà : le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV). À la suite d’un déjeuner avec tous les acteurs de la filière française, du disque au spectacle vivant, la ministre a déclaré : « En discutant avec eux, cela m’a conforté dans l’idée qu’ils ont vraiment besoin de se rassembler« .

Le projet ne date pas d’aujourd’hui : il fut l’objet de promesses lors des précédentes campagnes présidentielles, y compris de la part de François Hollande. Mais, malgré les efforts des différentes ministres de la culture du dernier quinquennat, il n’a jusqu’alors jamais abouti.

Loi Hadopi : ce chantier qui n’en finit plus…

Dans la série des promesses non tenues du candidat François Hollande, il y a également la suppression de la Hadopi. Le précédent gouvernement a même choisi de sauver la Haute Autorité quand le Sénat avait pourtant adopté l’abrogation de la loi.

Françoise Nyssen souhaite remettre en chantier ce sujet controversé, sans toutefois expliquer clairement ce vers quoi elle se dirigera. Si elle parle d’intensification de « la lutte contre le piratage », si elle constate que « la loi Hadopi n’a pas donné grand-chose », elle se contente, pour le moment d’une promesse, celle d’un soutien à l’exportation de la musique française. « Il est important de ré-inspirer le processus, je ne suis pas là avec une valise de billets. » Comment ? Rien n’est clairement dit pour le moment. Affaire à suivre…

Droits d’auteur et taxes sur les plate-formes

Le mois dernier, une nouvelle directive européenne sur les Services de médias audiovisuels a été adoptée ; elle concerne la diffusion des œuvres sur les plate-formes en ligne : 30 % d’entre elles doivent être européennes. Françoise Nyssen souhaite prolonger cette réflexion sur la défense des droits d’auteur.

La ministre mentionne notamment l’étude publiée par la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI) : en 2015, 20 dollars par utilisateur ont été – en moyenne – reversés par la plate-forme de musique Spotify à l’industrie musicale, contre moins d’un dollar par Youtube. Françoise Nyssen en appelle à une plus grande responsabilisation. Selon elle, il ne saurait être question pour Youtube et d’autres plate-formes de se réfugier derrière un simple statut d’hébergeur technique, pour payer le moins possible aux ayants droit.

Maussano CABRODOR

avec AFP
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