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« La Révolution silencieuse » : Ostalgie et Vergangenheitsbewältigung

« La Révolution silencieuse » : Ostalgie et Vergangenheitsbewältigung
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En septembre 1956, à Berlin-est, une classe de lycéens décide de marquer une minute de silence en solidarité avec les révoltés hongrois. Les conséquences de leur protestation seront terribles.

Depuis une quinzaine d’années le cinéma allemand se penche sur son passé. Non pas qu’il ne l’avait pas fait jusqu’alors. Mais il semble aujourd’hui le faire plus systématiquement au risque parfois de donner de lui, dans celles de ses réalisations qui franchissent ses frontières, l’impression que c’est devenu son seul fonds de commerce.

Le cinéma allemand face à son douloureux passé

Lars Kraume, La Révolution silencieuse (affiche)Deux œuvres marquantes dominent cette tendance. La première, Good Bye, Lenin ! (2003), emprunte la veine de l’ostalgie, la nostalgie de la vie quotidienne dans les démocraties populaires du Bloc de l’Est. La seconde, La Vie des autres (2006), décrit sans complaisance une société minée par le soupçon.

D’autres films remontent plus loin dans l’histoire de l’Allemagne : la résistance au nazisme (Sophie Scholl en 2005, Seul dans Berlin en 2016), la vie d’Hitler (La Chute en 2004), la lente et tardive Vergangenheitsbewältigung [« politique du pardon »] à laquelle le peuple allemand s’est astreint après-guerre pour regarder en face son passé (Le Labyrinthe du silence en 2014).

Le réalisateur Lars Kraume avait déjà réalisé en 2015 un film sur ce sujet. Fritz Bauer, un héros allemand avait pour héros le procureur qui poursuivit des criminels de guerre et permit l’arrestation d’Adolf Eichmann.

Avec La Révolution silencieuse, il s’inspire d’une histoire vraie qui s’était déroulée en Allemagne de l’Est en pleine guerre froide. L’un des principaux protagonistes, Dietrich Garstka, narra les faits dans un livre autobiographique qui inspira le scénario.

Un classicisme sans potentiel tragique

Le sujet était en or. Il aurait pu inspirer une nouvelle « Vie des autres ». Hélas La Révolution silencieuse pêche par son classicisme et n’a pas le potentiel tragique du film de Florian Henckel von Donnersmarck.

La sympathique bande de lycéens qu’il peint, avec son leader idéaliste, son joyeux luron pragmatique et son Judas schizophrène, ressemble à celle du Cercle des poètes disparus : des jeunes gens épris de liberté. Mais en RDA en 1956, l’exercice de son libre arbitre pouvait avoir des conséquences dramatiques. C’est l’imminence de ce danger qu’on peine à ressentir face à des aventures qui penchent plus du côté du Club des Cinq que du Zéro et l’infini.

Tony PARODI

 



Lars Kraume, La Révolution silencieuse, Allemagne, 2018, 111mn

  • Sortie : 2 mai 2018
  • Titre original : Das schweigende Klassenzimmer
  • Genre : drame
  • Classification : tous publics
  • Avec Jördis Triebel, Ronald Zehrfeld, Florian Lukas, Burghart Klaussner, Lena Klenke, Rolf Kanies, Carina Wiese, Tom Gramenz, Daniel Krauss, Michael Gwisdek, Leonard Scheicher, Max Hopp.
  • Image : Jens Harant
  • Musique : Christoph Kaiser, Julian Maas
  • Distribution : Pyramide Films

En savoir plus sur le film avec CCSF : La Révolution silencieuse

Lars Kraume, La Révolution silencieuse, Allemagne, 2018, 111mn



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