Le nouveau trio pour piano, violon et violoncelle de Haydn est une merveille de poésie, de sensibilité, de finesse. Certains passages laissent sans voix et la larme à l’œil. Écoutez, vous ne le regretterez pas…

C’est dans une lettre datée du 11 janvier 1790 que Joseph Haydn annonce à son éditeur Artaria, à Vienne, qu’il vient de terminer un nouveau trio pour piano, violon et violoncelle, le vingt-septième mais noté Hob XV n°14, pur joyau de son auteur. Lorsqu’Haydn ira à Londres, quelques temps après, il le fera d’ailleurs jouer avec au piano le jeune Hummel, treize ans, qui en sera durablement impressionné.

Il y a – classiquement – trois mouvements, dans ce trio. Le premier, allegro moderato, est très classique dans sa forme, avec l’habituel génie mélodique de Haydn. Mais pour moi, le vrai chef-d’œuvre de poésie, de sensibilité, de finesse, c’est le second mouvement, ‘‘adagio’’, l’un des plus beaux peut-être (mais il y en a tellement), à la mélodie très douce, comme suspendue, avant un long passage au piano essentiellement, qui ressemble à une improvisation, avant de revenir au merveilleux thème initial. Ça laisse sans voix et la larme à l’œil.

Il serait injuste de passer sous silence le dernier mouvement, Vivace, généralement collé au précédent, mais il est beaucoup plus « commun » je dirais. Mais vraiment, je voulais vous faire connaître ce monument en soi que constitue le mouvement lent. Oui, décidément, Haydn est un poète et je suis sûr que vous ne le regretterez pas, car un peu comme Schubert, Haydn ne déçoit pour ainsi dire jamais.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »