Instant classique – 12 mars 1911… 109 ans jour pour jour. On ne joue plus guère Max Reger (1873-1916), que les compositeurs résolument modernistes et désireux d’abolir la tonalité ont rangé parmi les musiciens archaïques et indigestes. Et c’est vrai que Reger aime la musique protéinée.

Ses œuvres orchestrales sont très denses, un peu boursouflées, très sévèrement critiquées alors qu’on n’en connaît qu’une infime partie. Cet homme très austère, très secret et qu’on connaît fort peu est né en Bavière. Sa famille aurait voulu qu’il devînt instituteur comme son père, mais voilà, il voue une admiration éperdue à Bach, qui est pour lui « le commencement et la fin de toute musique » et rencontre le grand pédagogue Hugo Riemann qu’il suit à Wiesbaden où il enseignera en effet, mais la musique.

Après un passage à Munich, il est assez amusant qu’il soit nommé en 1907 professeur de composition à Leipzig, la ville du Cantor, où il mourra subitement en 1916. Son autre héros sera Brahms, qui a beaucoup influencé son style également.

Max Reger a laissé quelques œuvres de musique de chambre sur lesquelles nous reviendrons. Parmi elles, un admirable sextuor à cordes, écrit en 1910 dans un langage résolument anti-École de Vienne.

Si j’ai choisi ici le second mouvement (on trouve assez peu d’extraits de cette œuvre intéressante), marqué « Vivace », c’est le Largo qui fait normalement tout le prix de ce sextuor (mais je ne l’ai pas trouvé en extrait isolé et la partition complète est un peu longue, même si vous pourrez la trouver). Reger y fait en effet une véritable expérience mystique, très recueillie, qu’il intitulait « ma conversation avec le bon Dieu »… Tout un programme car si Reger était secret et bourru, sa musique est, elle, souvent très bavarde…

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »