Instant classique – 12 septembre 1775… 245 ans jour pour jour : création du troisième concerto pour violon de Wolfgang Amadeus Mozart, une œuvre très élaborée, très moderne, alors que le jeune homme n’a que vingt ans.

Ce 12 septembre 1775, Mozart met la dernière main à son troisième concerto pour violon, à peine trois mois après le second. Et pourtant, ces deux œuvres n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Il avait adopté dans ses opus précédents, et notamment le deuxième concerto, le style « galant », qui emprunte au jeu et aux codes plutôt français, un peu mécaniques et plaqués, dont il jouait avec virtuosité, mais sans chercher à en dépasser les règles. Avec ce concerto, Mozart s’émancipe à nouveau, sans renoncer à toutes les caractéristiques de ce fameux style galant, notamment à la fin du dernier mouvement.

On ne sait pas bien pourquoi ce changement notable a lieu à ce moment là, mais il a dû se passer quelque chose quand même. C’est en effet une œuvre très élaborée, très moderne en fait, dans laquelle le violon dialogue véritablement avec l’orchestre, avec une myriade d’idées fabuleuses. Il n’a pas vingt ans et cet essai dans un style nouveau, ou métamorphosé, ou audacieux comme on voudra, est le magnifique prélude à de grands lendemains.

Jugez plutôt, avec le passionnant Arthur Grumiaux, brillamment accompagné par sir Colin Davis à Londres au début des années 1960.

Cédric MANUEL

 



Un jour… une œuvre musicale !
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