Instant classique – 14 janvier 1769…  252 ans jour pour jour. Mozart achève sa seconde messe brève à seulement… douze ans ! Une messe à la tonalité mineure, sans éclat puisqu’elle est composée pour le Carême, et qui commence à donner plus d’importance à l’orchestre.

Lorsqu’il termine sa seconde messe brève voici tout juste deux cent cinquante-deux ans, Wolfgang Amadeus Mozart n’a pas encore tout à fait treize ans. Il vient de rentrer avec son père Leopold à Salzbourg après un séjour agité à Vienne autour de la création ratée de la Finta semplice, au milieu des cabales. Le jeune génie se met à lire tout ce qu’il trouve dans la bibliothèque de son père, et notamment Les idylles de Gessner, le Télémaque de Fénelon (se doute-t-il qu’il composera plus tard un Idoménée dont l’argument piochera dans cette œuvre ?) et des poésies de Weisse.

Mais il reçoit aussi la commande d’une nouvelle messe, la troisième en deux mois, pour l’ouverture d’une « Quarantaine », comme on appelait le début du Carême, avec ou sans épidémie. C’est donc une messe à la tonalité mineure, sans éclat, puisque l’objet ne s’y prête pas. Elle sera donnée quelques jours plus tard à l’église de l’université de Salzbourg.

Petite particularité qui ne parlera qu’aux connaisseurs de la liturgie catholique stricte : la messe comporte un “Gloria”, ce qui ne devait normalement pas être le cas pour le Carême. Mozart pensait donc peut-être en faire quelque chose d’autre ensuite.

Cette œuvre de jeunesse ne montre rien de très différent des précédentes messes, mais commence à donner plus d’importance à l’orchestre. Le tout est joliment troussé, si je puis dire cela d’une messe.

Cédric MANUEL

 



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