14 juin 1794… 227 ans jour pour jour – Fêtons-nous l’anniversaire d’un duo ou d’un trio ? Allez, on vous raconte l’histoire de cette œuvre de Haydn. Et c’est bien le charmant trio que nous vous donnerons à entendre, car il faut bien trancher !

Dans le catalogue des œuvres de Joseph Haydn, tel qu’il nous est connu aujourd’hui, réalisé par le musicologue Anthony van Hoboken dans les années 1950 (d’où les initiales Hob. ou H. devant tous les numéros d’opus du compositeur), cette œuvre est répertoriée comme un trio et porte le n°32.

Pourtant, dans la première version du même catalogue, la même œuvre apparaît comme sonate pour violon et piano, la seule authentiquement haydnienne d’ailleurs. Cela collait de fait avec l’annonce de l’éditeur Artaria, à Vienne, datée du 14 juin 1794. Mais Hoboken signale lui-même qu’était parue chez Preston à Londres, la même année, une édition pour piano, violon et violoncelle. C’est sur cette base qu’il donne le n°32 à ce qu’il considère comme un trio, puisqu’il y en avait déjà trente-et-un.

Mais bien des années plus tard, plus près de nous, on découvre une autre partition, copie anglaise de l’œuvre datant de 1810-1820. Ce qu’on constate, c’est que la partie pour piano et violon est la même que celle annoncée par l’éditeur Artaria… mais que la partie pour violoncelle semblait avoir été ajoutée – et peut-être pas par Haydn lui-même – après coup… d’autant que cette partie de violoncelle n’est pas partout la même que cette de l’éditeur Preston… Vite, vite, il faut convoquer miss Marple ou Hercule Poirot ! Et Haydn dans tout ça ? Il semble que cette partition ait été composée sous la forme d’un duo, auquel le compositeur fait allusion dans une lettre à son amie Marianne von Genzinger, qui date de mars 1792. Mais on ne le saura jamais…

C’est sous sa forme telle que publiée dans le catalogue de Hoboken et donc dans l’édition de Preston que le Beaux-Arts trio l’a enregistré voici presque cinquante ans. Le trio est en deux mouvements charmants : le premier (andante) reprend un chant pastoral et le second, que je vous propose ici, est un allegro que Mozart, qui admirait tant Haydn, n’aurait pas renié.

Cédric MANUEL



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Rubrique : éphéméride