Instant classique – 14 mai 1832… 186 années jour pour jour. Hier nous voyagions en Italie avec Félix Mendelssohn, eh bien prenons le bateau avec le même !

Durant l’été 1829, conformément à une mode alors très implantée, Félix Mendelssohn effectue un voyage en Écosse, celle de Walter Scott et des spectres, celle qui va inspirer à plusieurs compositeurs des pages immortelles, symboles du romantisme naissant. Le jeune Félix – il a alors juste 20 ans – ne sera pas en reste.

De retour sur le continent, il vit à Rome pendant l’hiver 1831 et écrit un poème symphonique dans lequel il fait figurer ses impressions de voyage. Au départ, il l’intitule « L’île solitaire », nom parfaitement romantique. Ce n’est qu’en révisant sa partition à Paris, l’année suivante, qu’il change ce titre et choisit celui des Hébrides, avec pour sous-titre « la grotte de Fingal », site impressionnant de l’île de Staffa dans lequel la mer s’engouffre à chaque marée et que le jeune compositeur avait dû visiter.

Devenu « ouverture », ce morceau est l’un des plus célèbres de son auteur, qui composera aussi la fameuse « symphonie écossaise ». Ce court voyage symphonique est, selon le musicologue Marc Vignal, le « premier grand tableau marin de la musique romantique ». Il est vrai que, partout, on y entend la mer et le vent. Il se termine, après le spectacle grondant des flots dans la grotte, sur un murmure étonnant.

Félix Mendelssohn présente ce chef-d’œuvre à Londres, il y a tout juste 136 ans. Il se contente de commenter ce concert sobrement : « Le public m’a accueilli, moi et mon œuvre, avec la plus grande bienveillance ». C’est précisément avec l’orchestre symphonique de Londres, en 1985, que Claudio Abbado enregistrait cette magnifique ouverture.

Bon voyage !

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »



Photographie de Une – Île de Staffa en Écosse