Pour le fils d’amis qui se prépare à être ordonné prêtre, le tout jeune Mozart, alors âgé de 14 ans, compose une messe gigantesque, qui le fait remarquer du prince-archevêque de Salzbourg lui-même. L’œuvre est créée il y a 252 ans aujourd’hui.

En octobre 1769, Mozart a bientôt quatorze ans. Il se trouve à Salzbourg, où il exerce son art pour le prince-archevêque Sigismond von Schrattenbach, prédécesseur du terrible Colloredo (celui qu’on voit dans Amadeus).

Cette année-là, des amis de Mozart, les Haguenauer, s’apprêtent à abandonner leur fils Gaëtan, de douze ans l’aîné de Mozart, à la prêtrise… Il deviendra père Dominique. Alors, Mozart s’attelle à une messe solennelle en ut majeur (pour bien signifier le côté solennel et « ouvert ») en son honneur, le veinard. Enfin, ce sont surtout nous les veinards, parce que cette messe nous est restée, sous le nom de « Dominicus messe », Mozart l’ayant bien sûr consacrée au saint patron du nouveau prêtre. Féru de cette messe très prometteuse vu son âge, le jeune compositeur révise la partition quelques années plus tard et gonfle un peu son orchestre, en ajoutant hautbois et cors aux cordes, à l’orgue, aux trompettes et qui timbales.

La messe est créée voici tout juste deux cent cinquante-deux ans dans l’église Saint-Pierre de Salzbourg. Le fameux père Dominique note d’ailleurs dans son journal que la messe « tout compris » a duré deux bonnes heures, dont quarante minutes de musique, et a été « Omnium sensu elegantissima ». C’est Mozart lui-même qui la dirige ce jour-là. Le prince-archevêque est tellement impressionné qu’il nomme l’adolescent Hofkomzertmeister et lui permet d’effectuer son premier voyage en Italie, qui n’est pas sans importance pour Mozart….

Voici le dynamique « Kyrie » initial, dans une interprétation irréprochable dirigée par Nikolaus Harnoncourt, excusez du peu !

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »