Instant classique – 15 septembre 1849… 170 ans jour pour jour. Anton Bruckner a vingt-cinq ans lorsqu’il présente son Requiem en ré mineur, première œuvre considérée comme très prometteuse, sauf par lui… Il commence à la composer fin 1848 et la termine juste avant le printemps suivant.

Il dédie ce Requiem à un ami de son père, Franz Sailer, qui prêtait son piano au jeune Bruckner. Malgré la création de cette œuvre à Saint-Florian le 13 ou le 15 septembre 1849, et son accueil positif (elle est jouée assez souvent en Allemagne et en Autriche), Bruckner ne s’en montrera guère satisfait. C’est lui qui prononce la phrase qui sert de titre à cette chronique et, comme il le fera si souvent avec ses symphonies parfois inutilement et hélas poussé par des mauvais conseillers —, il reprendra sa partition beaucoup plus tard, en 1894.

L’instrumentation de ce Requiem avec orgue est très allégée et fait incontestablement penser à Haydn et surtout à Mozart (dont l’ombre du Requiem plane un peu partout ici). Mais Bruckner s’y montre surtout déjà bon expert de l’écriture chorale. Voici la dernière partie de cette œuvre séduisante et prometteuse, mais qui n’est pas un chef d’oeuvre ébouriffant, dans une interprétation qui ne l’est pas non plus, mais qui donne une bonne idée de la valeur de l’ensemble, et en particulier son expressivité.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
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