Instant classique – 17 juillet 1855… 165 ans jour pour jour. C’est pour le prieur de l’abbaye de Saint-Florian, près de Linz, qu’Anton Bruckner compose en quelques jours, début juillet 1855, cette courte cantate pour chœur d’hommes et ensemble d’instruments à vent. Il a alors 30 ans, mais Saint-Florian est déjà comme le grand soleil de sa vie.

À 13 ans, à la mort de son père, c’est aux moines de Saint-Florian que sa mère avait confié le jeune adolescent, qui avait pu renforcer ses aptitudes musicales – que ses parents modestes avaient toujours encouragées. Il y avait passé quelques années qu’il n’oublierait jamais. Devenu instituteur comme son père, Anton Bruckner sera nommé tout près de Saint-Florian avant d’être titularisé au sein même de l’école paroissiale de Saint-Florian où il restera dix ans, de 1845 à – précisément – 1855.

C’est donc pour l’abbé Mayer, devenu prieur de l’abbaye en 1854, qu’il compose plusieurs œuvres, dont cette cantate qui lui est spécifiquement dédiée et qui est jouée la veille de la fête de ce dernier. C’est l’avant-dernière composée sur place avant ses adieux à l’abbaye et son départ pour Vienne, fondée sur un texte d’Ernst Marinelli.

Mais Bruckner n’en a pas fini avec cette grandiose abbaye pour autant. Un peu plus de quarante ans plus tard, à sa mort, c’est sous le grand orgue de la basilique qu’il sera enterré et qu’on trouve sa pierre tombale.

Voici l’unique enregistrement de cette cantate, pleine du recueillement d’un homme profondément doux et croyant.

Cédric MANUEL

Photographie : abbaye de Saint-Florian à Linz (© Bwag/CC-BY-SA-4.0)



Un jour… une œuvre musicale !
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