Instant classique – 17 novembre 1898… 122 ans jour pour jour. Umberto Giordano compose Fedora, un opéra confus qui reçut pourtant un bon accueil populaire, connaissant de nombreuses reprises avant de sombrer dans un oublie presque total.

Umberto Giordano avait assisté à Naples à une représentation de la pièce de Victorien Sardou, Fedora, à la fin des années 1880, avec Sarah Bernhardt dans le rôle-titre. Il avait demandé à l’auteur de pouvoir utiliser son œuvre et Sardou accepta après avoir eu vent du triomphe d’Andrea Chenier. C’est Arturo Colautti qui adapte la pièce en livret et on ne peut pas dire qu’il ait beaucoup contribué à rendre cette dernière plus lisible.

L’action se concentre sur une princesse russe, Fedora Romazov, et développe une histoire des plus cosmiques qui demande une concentration permanente, ou bien une connaissance du livret par cœur, comme on voudra. Bref, contentons-nous de dire que Fedora meurt à la fin comme dans tout bon mélodrame.

La création au Teatro lirico internazionale de Milan voici tout juste cent vingt-deux ans, est un nouveau succès pour Giordano, moins grâce à son œuvre que grâce au créateur du rôle du héros-ténor Loris, un certain Enrico Caruso, qui brûle les planches et lance ainsi sa carrière. Bonne pioche ! L’opéra sera repris de très nombreuses fois jusqu’au milieu du siècle dernier avant de disparaître presque totalement.

L’un des principaux airs de la partition est pour le ténor, même si les plus grandes divas se sont emparé de ce rôle de grande aristocrate au fort tempérament. Voici donc l’air « Amor ti vieta », bissé le soir de la création, mais dans une interprétation un peu étrange.

En 2002, un orchestre enregistre la partie pour orchestre et accompagne ainsi à cent ans d’écart la voix un peu traînante du créateur du rôle, Caruso lui-même ! Curieux retour vers le futur… comme une sorte d’hologramme sonore…

Cédric MANUEL

 



Un jour… une œuvre musicale !
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