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18 février 1854 : Schumann compose ses variations sur un naufrage

18 février 1854 : Schumann compose ses variations sur un naufrage
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Instant classique – 18 février 1854… 165 années jour pour jour. Début février 1854, Robert Schumann écrit à son ami Joseph Joachim, le violoniste : « Je dois terminer à présent, il commence à faire sombre ».

Quelques jours plus tard, il est assailli d’une seul note stridente qui lui laboure le crâne des jours durant, à le faire se taper la tête contre les murs. Peu à peu, ce sifflement interminable laisse place, comme il le dit, à « une musique étrange, plus merveilleuse, et jouée par des instruments plus exquis qu’on n’en entendit jamais sur terre ». Dans la nuit du 17 au 18 février, il entend un thème sur lequel les fantômes de Schubert et de Mendelssohn lui demandent de composer des variations, avant que le tout ne se transforme en hurlements stridents et terrifiants. Schumann implore qu’on l’enferme.

Le 18 février 1854, il se lève, se sent mieux et commence ce jour-là ce qui sera sa dernière œuvre, ces variations qui ne sont pas encore posthumes. Quelques jours plus tard, alors qu’il finit de copier sa nouvelle partition, il dit soudain à sa femme : « Ah Clara, je ne suis pas digne de ton amour ! ». Il s’enferme dans sa chambre puis, dans la nuit du 27 février, pieds nus, il va se jeter dans le Rhin. Sauvé in extremis, il est admis à l’asile du docteur Richarz à Endenich près de Bonn.

Il réussit de justesse à terminer ses variations, avant de sombrer définitivement. Il meurt deux ans plus tard, sans avoir retrouvé la raison, recopiant toute la journée des pages entières d’un almanach. Les Variations, devenues « posthumes », ne seront publiées qu’en 1939 ; elles avaient été oubliées. Le fameux thème entendu par Schumann et que personne n’avait reconnu, provient du mouvement lent de son propre concerto pour violon, composé un an avant le drame.

La grande Tatiana Nikolaïeva, professeur de Nikolaï Luganski, les joue ici avec beaucoup de sensibilité.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »



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