19 avril 1897… 124 ans jour pour jour – Edward Elgar compose une « marche impériale » pour le soixantième anniversaire de l’accession de la reine Victoria : une œuvre jubilatoire, avec cependant un soupçon de douceur apporté par les cordes dans sa version pour orchestre.

Edward Elgar a écrit suffisamment d’œuvres de circonstances (dont justement, les fameuses marches « Pomp and circumstances » dont la première est quasiment un second hymne national en Grande-Bretagne) pour qu’on le prenne pour un compositeur pompier et pompeux sans autre forme de procès.

C’est doublement injuste, d’abord parce que ces œuvres de circonstance ne sont pas toutes inintéressantes sur le plan musical et surtout parce qu’il a su démontrer qu’il était un compositeur d’une toute autre envergure (voyez ses symphonies, ses oratorios, ses poèmes symphoniques, ses concertos – dont celui pour violoncelle – ou ses ouvrages plus intimistes). Mais il est vrai aussi que sa renommée internationale s’est bâtie sur des commandes officielles ou à l’occasion d’événements officiels.

Justement, c’est pour le Jubilé de diamant de la reine Victoria, en 1897 à l’occasion du soixantième anniversaire de son accession au trône, que l’éditeur Novello demande à Elgar d’écrire une marche solennelle, lui qui n’a pas encore écrit les fameuses marches « Pomp and circumstances » (la première est de 1901). Pas question de composer une « Marche royale », Victoria étant impératrice des Indes. Va donc pour une « Marche impériale », qui a tout des marches militaires britanniques (essayez donc de faire le fameux et très particulier pas de la Garde pour voir), avec cependant un soupçon de douceur apporté par les cordes dans sa version pour orchestre (car il y a aussi une version pour orgue).

La marche est créée voici cent vingt-quatre ans aujourd’hui au fameux Crystal Palace, disparu aujourd’hui, et qui faisait la fierté des Londoniens jusqu’à sa destruction par un incendie en 1936. Elle est reprise le 28 juin lors de la Royal Garden party organisée le jour anniversaire du couronnement.

Sa popularité fera beaucoup pour celle d’Elgar, qui a déjà quarante ans, mais qui commence seulement à se faire un nom.

Cédric MANUEL

 



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Rubrique : éphéméride