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19 juin 1899 : une énigme peut en cacher une autre

19 juin 1899 : une énigme peut en cacher une autre
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Instant classique – 19 juin 1899… 120 ans jour pour jour. Pas besoin d’aller consulter le grand escogriffe de Baker street (221b) pour dévoiler le mystère qu’Edward Elgar a fait semblant d’entretenir autour de ses quatorze variations Enigma, créées à Londres sous la direction du grand Hans Richter voici juste cent vingt ans.

Elles sont toutes titrées avec des initiales (CAE, HDS-P, RBT, BGN, EDU etc). Toutes représentent des membres de la famille et les amis proches du compositeur, et même un voisin irascible. Avec cette œuvre magnifique et très réussie, Elgar s’impose comme l’un des plus grands compositeurs d’Albion.

Voici la neuvième variation, « Nimrod », la plus poignante, la plus belle, très solennelle, qui représente August Johannes Jaeger, sociétaire de la maison d’édition Novello et ami très proche d’Elgar, qui devait beaucoup l’aimer pour lui dédier une musique aussi noble et tendre. Je vous jure qu’en concert, elle vous arrache les larmes !

Mais il existe une autre énigme beaucoup plus complexe : le thème lui-même, celui qui ouvre les variations (et qu’on entend ici aussi bien sûr), dix mesures au total, est censé être un contrepoint d’un autre thème très célèbre. On se gratte la tête depuis plus d’un siècle pour savoir de quoi il s’agit. Le God save the Queen (déjà à l’époque) ? Impossible à dire.

« Je ne dévoilerai pas l’énigme, son mystère devant être gardé. Je dois vous avertir que le rapport entre le thème et ses variations est extrêmement ténu. De plus, il existe un thème qui englobe le tout mais qui n’est jamais “joué”… Le principal thème n’apparaît donc jamais, comme dans certaines pièces de théâtre où le personnage principal n’est pas sur scène », disait Elgar à l’issue de la création de l’œuvre. Les analyses les plus récentes orientent vers la sonate Pathétique de Beethoven et aussi vers le nom d’Elgar lui-même. Mais le coquin a emporté le secret avec lui. Tout ce qui vient après n’est que conjectures.

Leonard Bernstein a dirigé une série de concerts qui firent sensation à Londres avec l’orchestre de la BBC au début des années 1980 (les relations entre le maestro américain et l’orchestre furent très, mais alors vraiment très difficiles). Il en existe une vidéo parue en DVD et un disque qui fait référence. Mais sa lecture, considérablement ralentie, a fait et fait toujours débat. En procède un « Nimrod » comme suspendu, hors du temps, bouleversant.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »



 

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