Instant classique – 1er mars 1810… 210 ans jour pour jour. C’est un peu long pour souhaiter un joyeux anniversaire à Chopin, 210 ans aujourd’hui, mais ça en vaut la peine.

Certains se battent pour savoir si Chopin est d’abord Polonais, son pays natal, ou Français, son pays d’adoption. Il y en a même qui, comme Gide, ont élaboré des théories là-dessus. Son père était Français, sa mère Polonaise, soit. Mais voilà, la réalité, c’est que Chopin est universel, comme les autres compositeurs de sa dimension. Voilà pour « l’appartenance ».

Pourquoi choisir un anniversaire de naissance alors que, d’habitude, c’est celui d’une création que je vous propose ? Eh bien c’est qu’en réalité, dans le catalogue immense qu’il nous a laissé, il est souvent bien difficile de savoir quand telle ou telle pièce a été créée. On sait quand elle a été composée, l’année de publication, mais beaucoup des créations ont plutôt eu lieu lors de concerts privés. Or, il serait profondément dommage de laisser Frédéric Chopin de côté ; son anniversaire nous donne donc l’occasion d’entendre une pièce fort connue, plutôt heureuse et optimiste, ce qui n’était pas les caractéristiques premières de ce garçon élégant mais torturé, souvent malheureux et dont la musique, toute virtuose et brillante qu’elle soit souvent, est pleine de mélancolie rêveuse ou contemplative.

Ses années de jeunesse, à Varsovie, ont été plutôt heureuses, justement. Il savait déjà tout du piano alors qu’il n’était qu’un enfant et devint vite le virtuose le plus fameux de Pologne. Parti en France en 1830, il s’y installe définitivement et la quittera peu, pour de brefs séjours, parfois désastreux, comme à Majorque.

Il compose l’essentiel de son œuvre chez George Sand, à Nohant, pendant les presque dix ans de cette relation profonde et orageuse avec l’écrivain au fort tempérament. La rupture avec elle ne fera qu’accentuer les effets de l’horrible phtisie qui l’emportera deux ans plus tard en 1849. Compositeur et professeur, lui qui abandonna la carrière de virtuose, qu’il n’appréciait guère, laisse une œuvre énorme uniquement dévolue au piano, avec parfois, un peu d’orchestre.

La fantaisie-impromptu que j’ai choisie pour souhaiter un joyeux anniversaire au héros du jour est une œuvre posthume, éditée et créée par Marcelline Czartoryska, élève de Chopin, six ans après la mort de ce dernier. On sait qu’elle fut composée en 1835 et qu’elle ne portait pas le même titre. Chopin avait écrit simplement un « impromptu », apparemment le premier composé avant les trois suivants. Œuvre très difficile, lumineuse, très romantique, elle était dédiée à la baronne d’Esté.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »