Instant classique – 2 février 1843… 177 ans jour pour jour. Aux beaux jours de 1830, Mendelssohn entreprend un voyage en Italie. Sur la route, il s’arrête à Weimar pour y rendre visite au vieux Goethe, qui lui offre un exemplaire de son Faust.

À Rome, Felix Mendelssohn se met à écrire une cantate pour solistes, chœur et orchestre autour d’un épisode de l’œuvre du grand écrivain, celui qui montre la réunion maléfique des sorcières sur le Kotchen, une montagne dans le massif de Harz, chaque 1er mai, jour de la Sainte-Walpurge (essayez donc d’appeler votre fille comme ça, tiens…).

Il en fait part à Goethe qui, très honoré, lui répond en septembre 1831, quelques mois avant sa mort : « L’intention de ce poème est hautement symbolique. Un fait se reproduit continuellement dans l’histoire du monde : une institution ancienne, solidement bâtie, éprouvée, rassurante, se voit bousculée, évincée, désorganisée et sinon détruite, du moins réduite au silence par l’arrivée d’un élément nouveau. » Mazette !

Mendelssohn crée cette cantate en janvier 1833 à Berlin. Mais il n’en est pas satisfait et la remet entièrement sur l’ouvrage près de dix ans plus tard. Cette version, qui s’est imposée, est créée il y a cent soixante-dix-sept ans au Gewandhaus de Leipzig. Berlioz, qui passe par là, assiste le jour même à la dernière répétition : « … ce désordre apparent est le comble de l’art », écrit-il ensuite à un ami, subjugué par l’œuvre. Robert Schumann lui-même en sera durablement influencé.

En voici l’ouverture énergique, appelée aussi « Le mauvais temps » ou encore, plus bizarrement, « Ouverture saxonne », prolongée sans interruption par le premier épisode, célébrant le printemps, de cette magnifique cantate.

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »