Instant classique – 2 janvier 1837… 184 ans jour pour jour. Nous fêtons aujourd’hui l’anniversaire du compositeur russe Mily Balakirev, jeune homme autodidacte qui deviendra le mentor du célèbre groupe des cinq, regroupant notamment Moussorgski et Rimski-Korsakov. Une destinée atypique !

Mily Balakirev est né voici 184 ans à Nijni-Novgorod, dans une famille modeste qui n’a pas les moyens de lui payer des cours de piano, puisque très tôt, il montre une forte attirance pour la musique. Le jeune Mily parviendra tout juste à se faire donner une petite dizaine de cours de base avec – heureusement – un excellent professeur, avant de rejoindre l’université de Kazan, où il consolidera un peu ses bases. Mais il lui faut vite travailler.

En 1853, il rencontre Oulybychev, mélomane très riche et biographe de Mozart. Malgré la formation très fruste de Balakirev, il l’engage pour s’occuper d’un petit orchestre qu’il a constitué dans sa propriété. D’abord, Balakirev copie des partitions, puis commence à faire quelques arrangements, avant de diriger le petit orchestre en question. Le jeune homme fabrique donc ses connaissances de façon totalement empirique et en gardera toujours une certaine attraction/répulsion pour les « professionnels » de la musique, arguant toujours s’être fait « tout seul ».

On connaît la suite : le rassemblement autour de lui de quatre autres autodidactes (Borodine, Moussorgski, Rimski-Korsakov et Cui), dans le fameux et éphémère groupe des Cinq, dont il sera le mentor, volontiers donneur de leçons. Mais sa jeunesse le marquera toujours : il créera une école de musique et cherchera à organiser des concerts gratuits. Jusqu’au jour où il réussira ce qu’il appellera son « Sedan musical »: un concert avec un orchestre qu’il dirige, et avec un seul spectateur dans la salle…. Découragé, il sera chef de gare pendant cinq ans, avant de revenir à la musique, mais un peu comme un vieux sage au fond de sa grotte. Il restera influent jusqu’à sa mort en 1910 et son œuvre reste significative, même si totalement occultée aujourd’hui par celles de Rimski-Korsakov ou de Moussorgski.

Comme toujours pour célébrer ces anniversaires, je vous propose l’œuvre cataloguée en premier opus du compositeur fêté. Chez Balakirev, c’est un concerto pour piano, sans prétention, d’un seul tenant, mais non dénué d’un certain charme mélodique.

Cédric MANUEL



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Rubrique : « Le saviez-vous ? »