Instant classique – 20 mars 1929… 91 ans jour pour jour. Le quatrième quatuor de Béla Bartók a été composé à Budapest durant l’été 1928, où il est créé par un autre quatuor que celui auquel il est dédié, bizarrement.

C’est Pro Arte qui aurait dû l’interpréter, et c’est Waldbauer-Kerpely qui le font, voici quatre-vingt-onze ans aujourd’hui. Je dois vous prévenir que cette partition échevelée du compositeur hongrois est particulièrement complexe, au point qu’on peut la rapprocher des orientations de la seconde école de Vienne et donc de Schönberg, ce qui peut suffire à faire fuir une partie de mon cher lectorat.

C’est de fait une œuvre très difficile d’accès, qui contient de nombreuses caractéristiques techniques que je laisse le soin à de vrais spécialistes de vous expliquer.

Vous y entendrez des sons fort étranges, parfois caractéristiques de l’écriture bartokienne, au point qu’on a appelé l’une de ces techniques le « pizz-Bartók » (cf. Quatrième mouvement notamment). Ne me demandez pas comment on l’obtient, mais c’est signé Bartók (pas Furax). En tout cas, aussi difficile soit-elle, cette œuvre constitue le sommet du langage propre au compositeur à cette époque – il reviendra à des formes plus classiques dans son quatuor suivant.

Pour jouer une telle œuvre, il faut des cadors. C’est précisément la définition qui sied au légendaire Quatuor Juilliard ici enregistré il y a cinquante-sept ans !

Cédric MANUEL



Un jour… une œuvre musicale !
Rubrique : « Le saviez-vous ? »