Instant classique – 20 octobre 1860… 160 années jour pour jour. Brahms compose à 27 ans son premier sextuor pour cordes, une partition heureuse et fraîche, comme parcourue d’une bise légère et de rêverie.

Comme il le fera presque toute sa vie, Johannes Brahms a passé l’été 1860 (il a alors vingt-sept ans) à travailler, cette fois à Hamm près de Hambourg. Cette année-là, il achève son premier sextuor pour cordes (deux violons, deux altos, deux violoncelles), qui est aussi le premier ouvrage pour musique de chambre de très haute facture. On y entend des échos beethovéniens mais aussi schubertiens, pas encore ce qui fera l’austère Brahms de la grande maturité.

C’est donc une partition heureuse et fraîche, comme parcourue d’une bise légère le long de laquelle le compositeur se laisse un peu aller à la rêverie , ce qui lui a longtemps valu le surnom de “Frühlingssextett”, « sextuor du printemps ».

La création a lieu à Hanovre et remporte un énorme succès. Rien d’étonnant à cela lorsqu’on écoute cette œuvre pleine de charme, immédiatement séduisante. En voici un exemple avec le second mouvement “andante ma moderato”, parfois légèrement mélancolique, mais si beau, avec sa mélodie initiale tirée de chants populaires et qui revient avec apaisement à la fin du mouvement.

Ce qui faisait dire à Arnold Schönberg : « De Brahms, j’ai appris la simplicité mais aussi la richesse. »

Cédric MANUEL



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