Instant classique – 22 janvier 1859… 160 années jour pour jour. Johannes Brahms a vingt-cinq ans lorsqu’il achève son premier concerto pour piano, commencé plusieurs années auparavant, alors que le beau jeune homme qu’il était venait d’entrer dans la vie des Schumann.

Robert Schumann, peu avant de sombrer dans une irrémédiable folie, lui avait conseillé de composer une symphonie. Mais Brahms, encore peu aguerri à l’orchestration, avait d’abord conçu une partition pour deux pianos.

Puis Brahms commença à orchestrer avec l’aide d’un ami, mais garda la partie de piano. Il voulut d’abord intégrer une marche funèbre pour ouvrir ce qui devenait ainsi un concerto, mais y renonça et réutilisera le matériau des années plus tard dans son superbe Requiem allemand. Il n’avait pas non plus prévu de rondo final, qui sera ajouté en 1858. Rien d’étonnant à ce que l’unité de l’œuvre en pâtisse un peu…

D’ailleurs, lors de sa création à Hanovre, voici cent soixante ans, sous la direction de Joachim, vieil ami de Brahms, le public bouda un peu cette mosaïque et le second concerto (créé aussi un 22… novembre, plus de vingt ans après) rencontrera beaucoup plus de succès.

Pourtant, le 1er concerto est revenu en grâce, simplement parce qu’il est beau. Et son fameux rondo, l’un des morceaux les plus célèbres de l’œuvre (tout comme le premier, Maestoso), ne manque ni d’énergie, ni de sensibilité. Le voici sous les doigts d’Hélène Grimaud et la baguette de Kurt Sanderling, à Berlin.

Cédric MANUEL



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